Titre Rapport

Vous trouverez dans ce chapitre:

le rapport de novembre 2007, en format PDF, suivi de :

rapport de juin 2007 (pdf), Rapport de décembre 2006 (pdf) , Rapport du 20 juin 2006, Rapport de février 2006, Rapport du 7décembre 2005, Rapport du 28 juillet 2005, Rapport du 30 novembre 2004, Rapport du 29 juin 2004

et dans les archives:

Rapport décembre 2003/ Rapport 28 juin 2003/Rapport décembre 2002 /Rapport juin 2002/ Rapport décembre 2001 / Rapport juin 2001 / Rapport décembre 2000 / Rapport juin 2000 / Rapport décembre 1999 /


20 juin 2006

COMITE FRANÇAIS DE SOUTIEN GK-SAVAR BANGLADESH
NOUVELLE ADRESSE: 1, RUE DE RIVOLI 75004 PARIS
TEL/FAX : 0144598272
EMAIL : comit@comgksavar.org
SITE : www.comgksavar.org
Président d'honneur: Lucien Bigeault

Paris le 20 juin 2006

Cher Amis du Comité,

Le présent rapport est celui de la relève. En effet, le 1er avril dernier, l'Assemblée Générale annuelle de notre Comité a procédé au passage de témoin par Lucien Bigeault à une nouvelle équipe qu'il appelait depuis plusieurs années de tous ses vœux. Deux mois plus tard, le Dr Zafrullah Chowdhury, de passage à Paris au retour de l'assemblée de l'OMS, venait prendre acte de ce passage en tenant une réunion de travail avec le nouveau Bureau.

1 - Le Bilan de 35 années.

L'Assemblée Générale annuelle d'avril 2006 fut l'occasion d'un retour sur les 35 années écoulées, et l'admirable travail conduit avec opiniâtreté par Lucien Bigeault et Bernard Jarousse. Que de chemin parcouru depuis la première rencontre décisive avec l'Abbé Pierre auquel Lucien présentait le jeune Zafrullah Chowdhury en quête de soutien ! Que d'inventions, de réussites, et d'échecs aussi parfois, au service des plus pauvres du Bangladesh, toujours rapportés et expliqués fidèlement à vous, donateurs, par ces rapports nourris et denses qui ont particulièrement contribué à soutenir fidélité et générosité.

Je veux ici prolonger, en votre nom à tous, l'hommage qui leur en a été rendu. J'y ajoute les remerciements de chacun pour avoir pu, au fil des rapports successifs, s'enrichir d'une découverte vraie des amis de l'autre bout du monde, pauvres mais fiers et luttant dans la dignité pour prendre leur sort en main avec leurs solutions et leur détermination propres. A l'unanimité, l'Assemblée a décerné à Lucien le titre de Président d'honneur du CFS.

2 - Un nouveau Bureau.

La relève s'était préparée depuis avril dernier: le Bureau élu compte sept membres qui accompagnent, pour la plupart de longue date, l'aventure de GK et se sont ainsi répartis la charge de travail:
Président: Jacques Lejeune (01 44 59 82 72), dirigeant dans le tourisme et l'hôtellerie, soutient GK depuis 30 ans. Il a fait 3 séjours au Bengale dont 2 à Savar. En retraite depuis 3 ans, il est aussi Trésorier d'une ONG française Nord/Sud (GRET). En charge du dossier Women Motor Driving School GK.
Secrétaire: Françoise Audouze (01 45 34 39 13), archéologue, directrice de recherche au CNRS, membre du Comité de soutien depuis 1973, y compris un premier mandat de secrétaire du Bureau. Correspondante de GK pour le programme de sécurité alimentaire de Tanchi
Trésorier: Anne Thomazeau, (01 40 71 60 51) professeur de physique chimie au lycée de Carrières s/ Seine, active dans les milieux associatifs notamment scoutisme. En charge de la relation avec les donateurs et la collecte de dons.
Membre: Marc Chambolle. Retraité depuis 2003, ingénieur agronome de formation, dans la qualité et la sécurité des aliments (association de consommateurs, recherche publique, répression des fraudes, AFSSA, expert pour l'UE). Donateur du Comité depuis longtemps. En charge du dossier "Arsenic"
Membre: Marie Noëlle Lejeune (01 44 59 82 72), Inspectrice d'Académie Honoraire, Censeur au Comité de la Charte. Membre du CFS depuis 1974, 3 séjours au Bengale dont 2 à Savar avec J.Lejeune, son mari. Initiatrice du partenariat Cher-Tarash. En charge du programme « Education » de GK.
Membre: Antoine Guihaumé. psychologue clinicien en retraite, longtemps élu municipal de sa commune de Saint -Mathurin sur Loire, actuellement actif dans le développement d'une Maison de la Loire. Membre du comité local de soutien à Savar, a fait 2 voyages à Savar (93 et 01). Chargé de coordonner ou susciter des antennes provinciales du CFS.
Membre: Daniel Thery (01 46 56 96 34), économiste, chargé de recherche au CNRS. Suit GK depuis 1979. En charge du futur programme de GK dans 75 "chars" (micro-îles dans les grands fleuves que l'érosion et l'ensablement déplacent au fil des années).

3 - Nos Objectifs.

Le nouveau bureau s'inscrit dans la continuité de l'initiative prise voici 35 ans avec GK: ne pas imposer des solutions généreuses peut-être, mais qui seraient pensées depuis nos pays riches; soutenir au contraire les initiatives locales d'acteurs authentiques dont GK est un des meilleurs exemples. Ce soutien se veut fidèle, mais exigeant sur la transparence et l'utilisation rigoureuses des fonds en faveur exclusive des pauvres. Nous continuerons donc, au fil de nos rapports, et comme le faisait Lucien, à vous faire connaître le devenir des actions que le Comité a décidé de soutenir sur le terrain, et à vous dire les résultats obtenus grâce à vos dons.
Autre objectif, nous souhaitons élargir le rayonnement du Comité. pouvant ouvrir à de nouveaux sympathisantsNous porterons l'effort dans deux directions: une meilleure couverture géographique de la France inspirée de l'expérience de l'Antenne St Mathurin comme de celle du Comité d'Agen, et une ouverture vers la jeunesse. Nous voulons, pour toucher les jeunes, monter avec GK un cadre d'accueil de stagiaires étudiants à la découverte de l'expérience de GK au service des plus pauvres.
Dans le présent rapport, nous parlons surtout des programmes d'Education, qui sont actuellement à une croisée des chemins: plusieurs rapports d'organismes indépendants ont évalué les forces et faiblesses du dispositif éducatif de GK. Votre Comité poursuivra son action dans le même souci de transparence et d'efficacité, économe de l'argent confié, comme attentif à créer des liens vivants entre les acteurs là-bas, et ici, vous tous, Amis du Comité, mobilisés en appuis fidèles, exigeants et disponibles.




J. Lejeune D. Théry M. Chambolle F. Audouze Dr. Zafrullah Chowdurhy M-N. Lejeune

Paris 29/05/06


4 - Les encouragements du Dr Zafrullah Chowdhury.

Avant même son élection, la nouvelle équipe avait pu rencontrer le Dr Zafrullah, pour échanger sur les attentes et les projets de GK. De retour le 28 mai dernier il a complété ces échanges dont nous reprenons quelques passages en forme d'appel aux amis du Comité:
« Depuis ma rencontre, voici 34 ans avec l'Abbé Pierre qui a été le premier à soutenir notre action pour les « plus pauvres en 1972, les amis du Comité nous ont fidèlement accompagnés../.. Je suis heureux que Lucien « ait pu assurer la relève du CFS avec un nouveau bureau et un nouveau président, Jacques Lejeune../..
« GK a beaucoup évolué depuis ces années héroïques, mais nous maintenons notre objectif de servir les « plus pauvres en leur donnant les soins de santé et l'éducation dont ils sont privés... Au delà des « réalisations existantes, nous portons à présent nos efforts sur l'éducation des enfants des minorités « ethniques qui sont parmi les plus pauvres des pauvres au Bangladesh../..
« GK compte sur les amis du CFS pour l'appuyer dans cette tâche. »


5 - Le billet du président d'honneur, Lucien Bigeault :
« Ce rapport d'activités témoigne assez de ce que la nouvelle équipe et son président, Jacques Lejeune, ont vaillamment travaillé pour que les engagements pris envers nos amis de GK et vous-mêmes, chers donateurs et amis, soient fidèlement respectés dans la continuité et l'exigence de transparence. De tout coeur , avec Bernard Jarousse et les membres de l'ancien bureau, j'exprime à la nouvelle équipe toute notre confiance et, comme président d'honneur, tout mon appui.
Nous allons poursuivre ensemble l'aventure commencée en 1972.... Merci très chaleureusement pour ces longues années de solidarité, d'amitié et d'échange partagées avec vous tous et nos amis bangladais. »

6 – Le programme « Education » de GK : « Gonopathsala » ( les écoles primaires des pauvres)

Vous savez que GK, depuis l'origine, a fortement développé ses activités dans le domaine de l'hygiène et de la santé (paramédics, dispensaires, hôpitaux, usine pharmaceutique, programme de santé urbaine dans des bidonvilles de Dacca,..). Parallèlement le programme Education de GK a pris une ampleur considérable et tend à devenir une activité majeure.

Nous venons d'être destinataires de deux récents Rapports d'évaluation portant sur le Programme d'Education de GK et dont One World Action était commanditaire. La première a pour objet une approche globale du système éducatif de GK et fait le point sur les dernières années (2003 - 2006) ; la seconde porte sur l'expérience très innovante des écoles rurales multilingues implantées dans les zones habitées par des minorités tribales. Nous vous en présentons ici une brève synthèse.

Le programme Gonopathsala de GK a débuté en 1974.
En 2003 il comptait 41 écoles primaires, dont 14 en plaine, 6 sur la Côte et 24 dans les Hill Tracks. Fin 2005 il comptait 92 écoles primaires dont 72 dans les Hill Tracks
Actuellement GK développe de nombreuses écoles primaires dans les villages des zones tribales, tout particulièrement dans des régions très difficiles d'accès, où on ne trouve guère d'écoles ni d'ailleurs d'ONG implantées.
Les deux Rapports soulignent que l'objectif initial de GK est très fidèlement honoré : contribuer à développer une éducation en faveur des plus pauvres, en particulier les filles, et en direction des groupes ethniques les plus vulnérables.

Les points positifs relevés :

-L'engagement et l'investissement des institutrices (et des cadres qui les guident) est amplement salué par les auteurs des deux Rapports, et aussi le fait que GK ait su gagner la confiance des autorités locales et convaincre les parents de faire de l'éducation de leurs enfants une priorité. En maintenant sa volonté d'embaucher des jeunes femmes issues elles-mêmes des communautés où sont implantées les écoles, et par le fait même de la présence dynamisante de ses personnels éducatifs et sanitaires, GK a su engager un processus de responsabilisation civique et sociale communautaire contribuant à réaliser un apaisement des tensions locales .
-Les méthodes d'enseignement passionnantes et novatrices de ces écoles multilinguistes méritent d'être exposées. Dans les zones reculées des Hill Tracks et autres régions où GK a implanté de petites écoles rurales, les enfants ne parlent et encore moins n'écrivent le Bangla. Le défi est donc d'amener ces enfants à acquérir tout à la fois la maîtrise de leur langue nationale écrite et parlée, de leur donner également les bases requises en langue anglaise (c'est le cas dans toutes les écoles primaires du Bangladesh) mais aussi de maintenir l'usage, y compris scolaire, de leur langue maternelle, de même que la transmission de leurs propres coutumes et cultures tribales.
Les institutrices parlent donc la langue locale dans laquelle s'exprime les enfants. Mais comme la plupart du temps il n'existe pas d'alphabet dans les dialectes, GK cherche à développer l'usage de documents pédagogiques rédigés à l'aide de l'alphabet bangla mais dans la langue d'origine.
-Dans leurs rapports les chercheurs saluent les efforts déployés par GK pour que soit ainsi respectée et développée la prise de conscience, par ces enfants et leurs parents, de leurs spécificités culturelles. Il souligne également l'engagement impressionnant de ces jeunes femmes, personnels d'éducation et de santé, oeuvrant dans ces zones très reculées et isolées.

- Ces petites écoles sont habituellement tenues par 2 jeunes institutrices, le plus souvent célibataires. Tout le village connaît et observe leur travail. Souvent leur domicile est assez éloigné de l'endroit où est implantée l'école. Elles sont dépendantes des villageois pour leur nourriture et leur protection. En effet GK tient à rappeler aux villageois que l'école et son bon fonctionnement sont placés sous leur responsabilité partagée.
La présence continuelle des institutrices et personnels de santé habitant sur place, issus des mêmes populations tribales, est un facteur positif direct de la promotion et de la conscientisation de ces minorités isolées.

-Deux initiatives propres à GK : D'une part, au programme scolaire habituel on a ajouté l'enseignement de notions de santé de base, d'hygiène, et de culture locale, adaptées aux besoins de ces communautés. D'autre part, GK tient à développer l'activité des SMC (conseils d'école où siègent une dizaine de parents) dans toutes ses écoles et y encourage l'implication progressive des femmes (qui se fera d'autant plus facilement et efficacement que les réunions se tiendront dans le dialecte tribal).

Des constats qui peuvent nous étonner :

-La pédagogie employée dans ces écoles de GK est assez conforme à celle que l'on trouve traditionnellement dans tout le Bangladesh : elle est fondée sur le « par coeur » et la récitation chantonnée selon un mouvement cadencé du corps. De plus, au début au moins, cet apprentissage n'est pas toujours accompagné de la juste compréhension de ce qui est lu ou récité. Le but premier est d'accéder à la maîtrise du texte. Méthode pédagogique qui n'est pas sans nous étonner, mais dont on doit constater qu'elle finit par conduire, sans doute plus lentement certes ! à produire ses effets. (Toutefois le chercheur note qu'il n'a pas vérifié ce succès auprès de tous les élèves des classes visitées !)
-Ce qui frappe également c'est l'absence de productions des élèves présentées dans les classes et sur les murs, contrairement à ce qui est pratiqué en Europe où l'encouragement des élèves passe par la valorisation des productions individuelles. On ne trouve sur les murs que des documents ou posters relatifs à la promotion de la culture bengali ou des coutumes propres à ces tribus.

Petit bilan : des difficultés soulignées et quelques recommandations de la part des chercheurs :

Au plan matériel, ces écoles des villages tribaux très reculés sont très modestes, souvent équipées du strict nécessaire pédagogique, voire moins... (en tout cas sans aucune comparaison possible avec nos standards européens). Dans plusieurs écoles on déplore même le manque de livres en nombre suffisant, mais cette carence est attribuée aux défaillances de l'administration du gouvernement. D'autre part des ruptures passagères, mais préoccupantes, dans l'envoi régulier des salaires aux institutrices ont été notés.
Au plan pédagogique,
-Il semble qu'actuellement le niveau scolaire atteint soit inférieur au standard classique requis pour l'éducation formelle, de sorte que peu d'enfants issus actuellement de ces écoles primaires tribales sont capables de réussir l'examen d'entrée au collège (par opposition aux autres écoles de GK qui ont un score qui se situe dans la moyenne). Ces enfants qui subissent la situation économique déplorable et l'isolement de ces régions dépourvues d'infrastructures, et qui doivent apprennent leur propre langue nationale nationale à l'école, rencontrent bien évidemment d'énormes difficultés pour affronter leur cursus scolaire, surtout si l'on y ajoute le choix courageux fait par GK de respecter l'usage de la langue et des coutumes locales. Il faut savoir en outre que nombre d'entre eux s'absentent périodiquement de l'école pour aider leurs parents aux travaux des champs.
Pour relever ce défi il est donc nécessaire pour GK de consentir maintenant un très gros effort d'invention et de diffusion de méthodes pédagogiques et didactiques adaptées et efficaces.
-D'autre part l'initiative d'embaucher des jeunes femmes-institutrices issues de ces communautés se paie en retour également d'un handicap difficilement évitable : leur niveau de formation initiale est relativement faible. Il est donc recommandé à GK de travailler en priorité à la formation continue des institutrices ( même si les très grandes difficultés de transport, depuis ces écoles éloignées, pour rallier la ville la plus proche, et a fortiori Savar, compliquent singulièrement l'organisation de toute rencontre de travail qui va nécessiter 3 ou 4 jours d'absence ! ).

En conclusion
Les auteurs du rapport sont confiants dans les chances de réussite des dirigeants dont ils soulignent le sérieux, l'énergie et l'expérience avérés Mais il demeure que la fragilité de GK, face à l'ambition de son pari, réside dans sa difficulté à recruter et conserver des cadres intermédiaires et supérieurs en qualité et nombre suffisants capables d'assurer un management et une gestion administrative et financière pleinement satisfaisants.


7 - Le Partenariat « Cher-Tarash »

Le partenariat a été mis en place en 2003 entre des écoles du Cher et l'école Mahato de Tarash (les Mahatos sont les membres d'une importante minorité tribale implantée en partie dans cette région). Actuellement 1150 élèves du Cher sont impliqués, répartis entre 3 collèges, dont 2 SEGPA, et 45 classes de 10 écoles primaires, tous membres de l'OCCE ( Office Central de la Coopération à l'Ecole). L'engagement pris est de 5 ans.
-L'objectif premier est la sensibilisation à la solidarité internationale par la découverte mutuelle des « correspondants ». Cette découverte progressive est basée sur l'échange de courriers et d'objets de la vie quotidienne, témoignages de leur culture propre.
L'objectif secondaire est concret. C'est la lutte contre la malnutrition frappant particulièrement ces minorités, par la fourniture aux enfants mahatos d'un repas par jour (0,13 €).

Divers outils ont, pour ce faire, été mis en place.

-dans les écoles berrichonnes :
*des « colis coop » : valises itinérantes contenant divers objets venant du Bangladesh ; dans chaque valise les objets sont regroupés par thèmes : les cultures des champs , les vêtements, les jouets,l'eau au Bangladesh...Ces valises circulent d'écoles en écoles et madame Laporte, directrice d'école en retraite, qui a participé à un de nos voyages à Savar, consacre une partie de son énergie à aller présenter ces objets aux enfants.
*un bulletin trimestriel « Cher-Tarash », clairement construit et bien illustré, sert de lien entre toutes les écoles engagées, et leur apporte régulièrement les nouvelles de l'école de Tarash.
*un site internet du partenariat a été rendu plus convivial. Vous pouvez le visiter sur :
//ia18.servehttp.com/tarash/ Le nom de l'utilisateur est : « cher »; et le mot de passe : « tarash ».

-dans l'école Mahato :
*un petit musée où sont exposés des objets traditionnels de la culture mahato présentés aux villageois et aux enfants, et également quelques objets représentatifs de la culture française ou souvenirs du Berry.
*la présence hebdomadaire d'un salarié de GK, professeur d'anglais, chargé d'aider les enfants dans ce partenariat et de soutenir les efforts pédagogiques des institutrices.

Quelques résultats et effets induits :

-L'échange de correspondance se poursuit malgré les multiples obstacles à vaincre : obstacle de la langue, difficultés à obtenir des messages réguliers de nos petits élèves mahatos, maintien dans la longue durée de la motivation de nos enfants du Cher..., et même interruption occasionnelle de service des repas pour cause d'acheminement irrégulier des fonds jusqu'à Tarash !

-L'année se termine sur une réalisation importante : le film de la découverte réciproque.
Joy et Marie-Emmanuelle Banergee, cinéastes et amis de GK,après avoir en 2005 mis à la disposition des enseignants du Cher un très bon documentaire de 8 mn « Une école pour les Mahatos », viennent de terminer un remarquable film de plus de 60 mn intitulé : « Cher-Tarash : Des copains au Bangladesh ». Ce film, construit entièrement sur des images des enfants d'ici et de là-bas dans leur activité pédagogique du partenariat, donne à voir les réactions de chacun des deux groupes à la découverte des réactions de l'autre. En effet Joy est allé successivement à Bourges, puis à Tarash, puis à nouveau à Bourges afin de filmer les réactions des enfants engagés dans leurs activités de partenariat ou leur environnement familial, et découvrant les images de leurs correspondants dans les mêmes activités et répondant à leurs questions. Ce film a été subventionné par le Conseil Régional du Centre, le Conseil Général du Cher, le Rectorat ,l'OCCE et notre comité français. Il sera diffusé en toute priorité aux enfants et enseignants du Cher cet automne à Bourges. Une projection sera organisée et vous sera proposée cet hiver en région parisienne.

- Par ailleurs les efforts de collectes de fonds par les enfants eux-mêmes se poursuivent (toujours uniquement récoltés à partir de leurs propres travaux ) en vue d'assurer les repas de midi distribués aux enfants de l'école mahato. Deux exemples, parmi tant d'autres. Des enfants de CE2 de l'école Barbès de Bourges ont réalisé dans leur école une exposition sur le Bangladesh. A l'occasion de la visite les parents étaient invités à acheter un extraordinaire petit livre réalisé par les élèves, portant sur la vie et les coutumes de Bangladesh, et assorti d'un petit conte produit et rédigé collectivement dans la classe. Les enfants ont eux-mêmes fixé le prix et organisé la vente de leur oeuvre collective. Autre exemple : des enfants de l'école des Pressavois, à Bourges également, ont mis en vente la production des tulipes qu'ils ont cultivées dans leur jardin pédagogique. A chaque fois l'argent ainsi récolté était destiné aux repas de l'école mahato.
Au total en 2005 ces enfants ont fait parvenir 3000 € au CFS ( rappel : cette somme émane exclusivement des travaux réalisés par les enfants), auxquels il faut ajouter les 3000€ de subvention du Conseil régional du Centre.
-Les enseignants s'entendent à dire que ces prises de responsabilité par les enfants eux-mêmes, la prise en charge de « leurs »correspondants bangladais, sont des facteurs positifs incontestables, non seulement en termes d'ouverture intellectuelle et humaine, mais aussi du point de vue de leur propre autonomisation. Une enseignante de Bourges vient d'ailleurs de soutenir brillamment un mémoire professionnalisant qui portait sur son travail pédagogique à l'occasion de ce partenariat et les effets induits sur ses élèves.
-L'assemblée annuelle de l'OCCE-France a eu lieu à Bourges en mai. Ce fut l'occasion d'une grande exposition sur le partenariat et d'une « première »pour le film « Cher-Tarash ». Par ailleurs le mensuel « Animation et Education », revue de l'OCCE, a consacré cette année au partenariat Cher-Tarash une série de 3 longs articles de reportage présentant cette opération comme exemplaire d'une action d'éducation à la solidarité internationale.


8 - Autres programmes:

-Sécurité alimentaire des internats de la région de Tanchi : programme achevé fin 2005 (voir rapport de février 2006)

- Arsenic (voir rapport de février 2006 pour la première partie du programme) : informations à venir sur son développement

- Chars : nouveau programme en cours d'élaboration à GK dont nous vous tiendrons informés dès qu'il sera finalisé et que nous connaîtrons le montant et les échéances du soutien demandé.

9 - Nouvelles brèves du Bangladesh recueillies par L. Bigeault

Cette année, le printemps est chaud au Bangladesh. Le pays est en pleine ébullition à un an des élections. Il souffre d'une grave pénurie d’électricité dans tout le pays qui entraîne des émeutes de paysans privés d'irrigation. La distribution d’eau potable dans les zones urbaines est directement affectée par l’arrêt des stations de pompage faute d’électricité. Pour la première fois des « émeutes de l’électricité » ont eu lieu à Kansat, près du centre GK de Shibganj à la frontière ouest du pays. La police a réagi par des répressions violentes.
Le textile représente 75% des recettes d’exportation du Bangladesh. Plusieurs usines construites sans permis se sont écroulées ou ont brûlé, faisant à chaque fois de nombreuses victimes. Le refus du patronat de rencontrer les représentants des ouvriers (les syndicats sont interdits) a provoqué des émeutes. Les ouvriers ont gagné après trois mois de luttes la promesse d'une reconnaissance des syndicats. Il faudrait se rappeler qui paye le prix fort des textiles si bon marché que nous trouvons dans nos supermarchés…

Mais... la solidarité existe aussi : cinq frères propriétaires d’une usine textile ont construit un hôpital de 65 lits sur trois étages qui vient d’ouvrir avec six médecins disponibles 24 heures sur 24 , disposant d’un matériel médical d’investigation et d’analyses ultra-moderne et des tarifs abordables pour les plus pauvres. Le prix des soins est fortement subventionné. cet exemple montre que la tradition de solidarité de certaines familles d’entrepreneurs du sous-continent indien ne s’est pas encore dissoute dans la mondialisation.

Chers Amis, notre premier rapport s'achève ici.

Bien cordialement à tous.

Jacques Lejeune
Président du Comité


Le 10 février 2006

Chers Amis du Comité,

Comme je vous l’avais promis dans le court rapport de décembre, je viens vous donner quelques informations complémentaires recueillies auprès de nos amis, Dulal, directeur de l’éducation de GK, en visite à Paris et Bernard Arthus, membre du Comité, rentré du Bangladesh le 13 décembre.

1 - Visite de Dulal

Il est arrivé à Paris le 29 novembre pour participer au 30ème Congrès du Secours Populaire Français (SPF) qui, pour l’occasion, avait invité un représentant des différentes ONGs des pays d’Asie du Sud avec lesquelles ils travaillent. Ils étaient une trentaine, venant d’Inde (tremblement de terre du Gujarat et tsunami), du Sri-lanka et de l’Indonésie (tsunami) et du Bangladesh (école de conduite de GK).

Nous avons profité de cette venue de Dulal pour discuter de nos problèmes et de nos projets. Accompagné par Marie-Noëlle Lejeune, Dulal est allé à Bourges où il a pu rencontrer les responsables de l’OCCE, les enseignants et les enfants de plusieurs écoles primaires partenaires du jumelage Cher-Tarash ainsi qu’un représentant du Conseil Général. Ces rencontres ont été très chaleureuses et Dulal a pu constater le sérieux avec lequel ce jumelage est vécu. Nous l’avons aussi emmené à St Mathurin sur Loire où il était déjà venu en 1995. Il a pu participer à l’Assemblée Générale annuelle de notre antenne et visiter les deux écoles primaires, une publique, l’autre privée. Des projets de jumelage entre ces écoles et celles de Tanchi ont germé dans sa tête. Son passage dans ces écoles avait été précédé, une semaine auparavant, par une projection de diapositifs par notre ami Antoine Guihaumé, prises au cours de son voyage au Bangladesh en 2001. Cette présentation a permis aux enfants de littéralement bombarder Dulal de questions sur le Bangladesh. Il a eu plaisir aussi à se promener dans la « rue de Savar » et à y voir, sur un socle, une petite reproduction du « Monument aux Martyrs de l’Indépendance du Bangladesh».

2 - Gonopathsala – les écoles primaires des pauvres

Comme vous le savez, le programme des écoles Gonopathsala est cofinancé depuis 5 ans par l’Union Européenne (U.E) et ce cofinancement arrive à terme le 31 mars 2006. Suite à des retards dans le versement des fonds de l’U.E, GK devrait dépenser entre juillet 2005 et la fin mars 2006 environ 362000 euros. Malgré les efforts de notre partenaire One World Action (OWA) auprès de Bruxelles, il n’a pas été possible d’ajouter une année de plus au programme afin d’étaler l’utilisation de ces fonds. L’argent non dépensé au 31 mars devra être remboursé. C’est vraiment stupide mais malheureusement c’est le règlement. Tom Crick, responsable des programmes Asie à OWA, est parti au Bangladesh début janvier afin d’aider Dulal à établir un budget qui permette de tirer le maximum de ces fonds avant la date butoir.

Entre temps, l’U.E a demandé à une équipe indépendante de faire une évaluation des écoles Gonopathsala dans les zones tribales de Tanchi et autour de Cox’s Bazar. Cette évaluation faite fin novembre est très positive, mais malheureusement, elle n’a pas réussi à inverser la décision bureaucratique de Bruxelles. En voici les principaux extraits:

Pertinence et qualité du projet – le projet est tout à fait en adéquation avec les besoins des bénéficiaires (les communautés tribales) et avec les priorités de l’U.E et du gouvernement du Bangladesh. Le modèle Gonopathsala appliqué dans les Chittagong Hill Tracks (CHT) contient plusieurs éléments forts. Il combine l’enseignement de base national avec des matières additionnelles comme la santé, l’hygiène, le savoir-faire villageois, la culture locale. Cette approche éducative basée sur les communautés entraîne une large participation des villageois et la responsabilisation des enseignants.

Efficacité – Etant donné la situation du Bangladesh en général et des CHT en particulier, ce projet hautement efficace permet aux enfants pauvres et marginaux, spécialement les filles, d’avoir accès à une éducation primaire qui corresponde à leurs besoins.

Impact – Le soutien affirmé des partenaires du projet (One World Action, le Comité Français et GK) ajouté à sa très grande efficacité ont crée chez les villageois un sentiment de confiance qui leur ouvre de nouvelles opportunités. Cette région a été longtemps marquée par des conflits et une négligence traditionnelle de la part du gouvernement, aussi le fait que le projet ait pris en compte les besoins de ces populations tribales a conduit à réduire les disparités, les discriminations et les tensions et peut permettre, pour le long terme, une meilleure stabilité sociale et politique dans cette région.

Le résultat très positif de cette évaluation, malgré les difficultés rencontrées en début d’année dont nous vous avions fait part et qui ont été corrigées depuis, conforte notre attachement à ce programme de GK. Dulal nous a présenté le programme d’extension des écoles Gonopathsala pour la période 2006/2011, en particulier dans les zones tribales et dans les « chars » (voir paragraphe 7), pour lequel il cherche des nouveaux donateurs.

En avril 2006, le programme Gonopathsala concernera 145 écoles dont 125 pour les populations tribales dans le district de Bandarban (Chittagong Hill Tracks/CHT) et 4 dans le Nord-ouest (bagdi/saotal/mahato), 7 écoles dans les îles et abri anti-cyclone et 9 anciennes écoles dans la plaine. Il viendra s ’ajouter bientôt 72 écoles dans les « chars » (voir paragraphe 7) et 19 nouvelles écoles tribales dans le district de Bandarban pour un total de 217 écoles. Ce nouveau programme servira 16000 enfants originaires de régions et de familles marginalisées dont au moins 50% de filles avec comme objectif qu’au moins la moitié des enfants termine leurs 5 années d’éducation primaire formelle.

3 - Le programme de jumelage Cher-Tarash

« Nous arrivons avec Dulal en début d’après-midi au village de Neemgachi à l’école Mahato. Accueil grandiose, protocolaire mais chaleureux avec colliers de fleurs, banderoles de bienvenue (en français) et hymne national. Notre ami Shawpawn est là ainsi qu’Obaidur, responsable local de GK, les membres du Conseil de Gestion (SMC), sa présidente Hosne Hara , les institutrices et tous les officiels et notables du secteur. Nous visitons les classes et le nouveau réfectoire avant de déjeuner. À cette occasion, les élèves auront eux-mêmes un repas très amélioré. Après cela nous sommes invités à inaugurer le musée du jumelage mis en place dans l’école pour célébrer les liens d’amitié entre l’école et les écoles primaires du département du Cher. » C’est ainsi que Bernard Arthus, accompagné d’un ami Maurice Faure, nous raconte son arrivée à l’école. Ils ont pu constater que la salle de classe qui servait de rangement a été transformée en musée peu de temps avant leur arrivée pour qu’ils puissent l’inaugurer officiellement au nom de l’OCCE et du Comité. D’un côté il y a des objets typiques de la culture mahato faisant face aux envois, dessins, photos, tapisseries des enfants du Cher. Autre événement notable, l’électricité est arrivée à l’école comme dans le village, ce qui change beaucoup pour la vie de tout le monde. Autre innovation, un « réfectoire » accolé à la cuisine, où les enfants peuvent manger assis sur de longs bancs en bambou, à l’abri du soleil ou de la pluie. Enfin, un jardin potager a été mis en culture par les élèves et les institutrices et une clôture verte (plantée d’arbustes et d’arbres fruitiers) va garnir vers l’intérieur la clôture en barbelés qui pouvait être dangereuse pour les enfants.

4 - Programme des internats et de sécurité alimentaire dans la région de Tanchi.

Bernard et Maurice ont visité pour nous la région de Tanchi dans le district de Bandarban des Chittagong Hill Tracks (CHT). Ils devaient voir où en étaient les différentes pensions (hostels) pour enfants que nous soutenons depuis trois ans. Les deux principales pensions sont dans la petite ville de Tanchi qui est un « chef-lieu de canton » et où se trouve aussi la base du programme de GK pour la région. Il y a deux « grandes » pensions. Moutri Shishu Sadan a été établie par un moine bouddhiste, M. Bhikku, avec l’aide de la Commission de Développement des CHT et accueille 57 pensionnaires garçons et filles du CP à la 3ème. Le coût de leur pension est de 2000 takas (25 euros) par an. Ils disposent d’un dortoir et d’une salle d’études (filles et garçons séparés), de l’électricité solaire, de mobilier de bureau, de lits superposés, de moustiquaires et de couvertures. Un système d’alimentation d’eau potable par gravitation est installé. L’intendance est assurée par un cuisinier et deux autres personnes. Les enfants ont la charge d’un poulailler et d’un petit potager. Les bureaux de GK sont installés dans l’enceinte de ce bâtiment. Ces enfants originaires de villages éloignés étudient dans les écoles publiques primaires ou secondaires de Tanchi. Le Comité a financé le fonctionnement et l’équipement de cette pension pour un montant de 275000 takas (34000 euros). L’autre « grande pension » est le Mru Complex qui accueille 53 enfants. Il comporte trois salles d’étude et deux dortoirs pour garçons et filles. Les installations sont assez comparables à celles du Moutri Shishu Sadan. Il y a en plus un poste de télévision et des matelas sur les lits. Il y a du personnel pour la surveillance et la cuisine. Ce bâtiment reçoit aussi de l’aide du Père Lupi qui est soutenu en France par l’Association Parcours animée par Paul Kohler (auteur des deux livres magnifiques sur le Bangladesh que nous vous avons proposés.) Il y a 2 autres pensions (Empu Para et Y Junction) qui abritent une quarantaine d’enfants mais qui sont situées assez loin de Tanchi et 5 autres plus petites abritant chacune une quinzaine d’enfants et qui ont été construites par les villageois à côté des écoles de Gonopathsala. Au total, 248 enfants résident dans ces pensions dont 60 filles. Tous ces enfants tribaux ne pourraient pas être scolarisés sans l’aide de ces structures d’accueil. Accompagnés par les responsables locaux de GK, Bernard et Maurice ont pris la peine de grimper dans ces collines couvertes de jungle pour aller voir ces petites pensions et y rencontrer les enfants et les enseignantes de ces minuscules villages où GK, avec votre aide à tous, a réussi à apporter un accès à l’éducation de base, ce que le gouvernement n’a jamais réussi à faire.

Afin d’assurer la sécurité alimentaire de cette région très isolée et pour que ces villageois tribaux, dont les ressources agricoles sont très fragiles, puissent « s’auto suffire » dans le long terme, GK a créé des réserves de riz dans les pensionnats, dans les écoles Gonopathsala et dans les villages où les écoles sont implantées. Notre Comité a financé le premier stock qui sera remboursé au fur et à mesure par les villageois à leur prochaine récolte dans les mêmes quantités que ce qu’ils ont reçu. Le Comité a « amorcé la pompe » et il leur reste à s’assurer qu’elle continuera à fonctionner. Pour la période 2003/2004 nous avons financé 91 tonnes de riz et pour la période 2005/2006 54 tonnes additionnelles plus 60 tonnes pour les 60 nouvelles écoles du canton de Ruma qui jouxte celui de Tanchi. Nous avons transféré à GK pour ce programme 15000 euros en 2003 et 35000 euros en 2005 pour un total de 215 tonnes de riz. Sauf catastrophe, GK n’aura plus besoin de notre participation à ce programme, mais ils nous tiendront informés de son bon fonctionnement.


5 - Programme des puits contre l’arsenic

Bernard Arthus et son ami Maurice ont passé 4 jours autour du centre GK de Kasinathpur où sont creusés depuis un an 25 puits ouverts qui permettent aux villageois un accès à de l’eau potable dans une région où beaucoup de pompes à main sont polluées par l’arsenic. Cette zone fait à peu près 12 Km sur 6 Km et comprend 48 villages. Nos amis ont longuement marché de village en village et vu 15 puits sur les 25 installés. Ils étaient accompagnés par les responsables GK du programme et par deux paramédics chargées de contrôler la présence éventuelle d’arsenic dans l’eau des puits. Aucun puits n’a été trouvé contaminé. Ils ont constaté que la protection en treillis métallique très fin qui entoure les puits pour empêcher la chute de feuilles et d’insectes avait déjà rouillé et était détériorée sur un certain nombre de puits. Ces treillis auraient dû être remplacés par des filets fins en nylon. Ces puits sont profonds de 12 à 13 m et font 1,20m de diamètre. Chaque puits dessert de 50 à 110 familles soit environ 500 personnes. Chaque famille cotise 5 takas (1 kg de riz coûte 15 takas) par mois pour payer les contrôles et l’entretien annuel du puits. Un des puits a été trouvé inutilisable, l’eau ayant un très mauvais goût, probablement causé par une pollution organique, alors que l’eau d’un autre puits était boueuse par des infiltrations de terre dans une fente d’un des anneaux de béton. Shishir, directeur adjoint en charge de ce programme, vient de nous confirmer que tous ces problèmes avaient été corrigés ou le seraient prochainement. Dix autres puits ont été installés à Shibganj, 120 Km plus au nord-ouest et trop éloignés pour que nos amis aient eu le temps de les voir. On leur a affirmé qu’ils fonctionnaient correctement.

Nous n’avons pas encore pris de décision quant à l’extension du programme pour 50 nouveaux puits. Nous attendons que GK se soit prononcé sur la mise en place de filtres sur les anciennes pompes à main qui éliminent totalement l’arsenic de l’eau et qui peuvent, pour un coût légèrement supérieur aux puits, fournir de l’eau même en saison sèche à beaucoup plus de familles. GK pense pouvoir fabriquer ce type de filtre mis au point par une école d’ingénieur de Calcutta et éviter les problèmes de licence d’importation avec l’Inde. Nous attendons les résultats des tests prochainement.

Le film « L’eau du Diable » réalisé par notre ami Amirul Arham sur le problème de l’arsenic sera diffusé sur FR5 le 18 mars à 14 heures. Regardez vos programmes TV. Une avant-première en salle avec débat sera programmée vers le 15 mars à Paris, ainsi qu’à Lille et à Nancy. La date sera mise sur notre site. Le DVD de ce film (52 minutes) est disponible auprès du Comité au prix de 18 euros port compris.

6 - Ecole de conduite pour femmes de Cox’s Bazar

Bernard et Maurice sont arrivés au Centre GK de Cox’s Bazar le 30 novembre. Ils ont été à Dechua-Palong où se trouve le logement des 20 stagiaires et où sont donnés les cours théoriques et pratiques. Tout à côté, il y a une petite école Gonopathsala avec une centaine d’enfants. L’école de conduite dispose de 2 véhicules 4x4 Toyota. À la suite de problèmes avec les intégristes des environs, les cours pratiques de conduite sont donnés sur la plage de Cox’s Bazar à une demi-heure de l’école. Le cycle des cours est de deux ans. Parmi les stagiaires présentes, quatre ont entre 6 et 10 mois d’ancienneté, douze entre 15 et 19 mois et deux ont 24 mois ou plus. En novembre, 6 élèves ont réussi l’examen du permis et sont en attente de leur licence et 3 ont échoué et auraient dû le repasser en janvier. Lorsqu’elles ont reçu leur licence, les élèves ont encore plusieurs mois de formation à Savar pour être familiarisées avec les conditions de circulation particulièrement épouvantables de la capitale. Toutes ont l’air satisfaites de leur futur métier. C’est Anouara, une ancienne de l’école, qui en ayant accepté de conduire un 4X4 jusqu’à Tanchi par des routes très difficiles (ce que des chauffeurs « mâles » refusent souvent de faire) a réussi à motiver 5 jeunes filles de la tribu Marma à s’inscrire à l’école.

Les stagiaires reçoivent une indemnité de 1500 takas par mois, mais à la fin de leur formation, elles devront travailler 5 ans pour GK avec un salaire entre 3000 et 5000 takas. Sur les 13 conductrices formées à ce jour, 5 travaillent pour GK et 8 travaillent pour d’autres ONGs ou organisations internationales basées à Dhaka.

Depuis décembre, nous avons deux bonnes nouvelles. D’abord, le Ministère des Affaires Etrangères, qui demandait le remboursement de 12500 euros qui n’avaient pas pu être dépensés en 2005, a finalement accepté les arguments du Secours Populaire Français demandant le report de cette somme sur l’année 2006. Ensuite, GK a rencontré la Compagnie des Autobus de Dhaka qui a accepté de donner aux conductrices formées par GK un stage d’un mois de formation à la conduite des autobus urbains et leur permettre de passer le permis de transport public. Cette compagnie opère un certain nombre d’autobus réservés aux femmes et pour lesquels une conductrice femme est tout à fait souhaitable. Cette Compagnie pourrait ainsi offrir des débouchés intéressants aux futures stagiaires et ouvrir ainsi une brèche importante dans le machisme ambiant.

7 - NOUVEAU Programme de Survie intégré de GK pour les Chars (PSIC)

« Char » veut dire « petite île » en bengali. Elles sont le résultat de la très forte érosion des rives du Brahmapoutre et de la Jamuna augmentée des millions de tonnes de sédiments que les pluies de mousson arrachent tous les ans des pentes de l’Himalaya. De 60 à 70 kilomètres carrés de berges sont dévorés chaque année par l’eau des crues transformant en « sans-terre » 60000 à 75000 personnes qui y vivaient. Ce phénomène entraîne l’élargissement progressif des fleuves alors que le dépôt des sédiments réduit leur profondeur. Depuis 1970, la Jamuna est passée de 8 Km à 12 Km de large. Au moment de la décrue, dès novembre, des langues de terre apparaissent soit le long des nouvelles rives ou au milieu du fleuve, formant des îles. Ces îles peuvent se stabiliser pendant plusieurs années ou disparaître rapidement. Le sol des chars est très fertile et permet la culture du riz, de légumes, de moutarde ou d’arachides mais aussi favorise l’établissement de pâturages pour les bovins et les ovins. Ces chars peuvent être déclarés « propriété de l’état » ou encore les populations déplacées les déclarent « propriété collective » et les répartissent entre les familles. Ces populations ont des conditions de vie très précaires. La plupart sont des travailleurs journaliers, soit dans l’agriculture locale saisonnière ou en cherchant du travail en ville, en particulier pendant la « monga » (les quatre mois d’août à novembre). On vous a expliqué dans le rapport de décembre ce qu’était cette période de quasi-famine qui frappe tout le nord-ouest du Bangladesh et en particulier les populations des chars. C’est aussi cette région qui a été durement frappée par les inondations de l’été 2004. Dans cette région, GK a été responsable de la distribution de secours d’urgence du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du programme de réhabilitation qui a suivi. C’est en étant longtemps sur place et en travaillant avec de petites ONGs locales pour la distribution des secours qu’ils ont pu vraiment appréhender les conditions de vie très difficiles de ces populations et de leurs besoins en matière de santé, d’éducation et constater l’absence totale de soutien des autorités.

C’est donc un tout nouveau programme de GK que Dulal nous a présenté. Les responsables de GK ont sélectionné 65 chars où vivent 18000 familles soit environ 75000 habitants dans les districts de Kurigram et de Gaibandha. Sur ces 65 chars, seuls 24 possèdent un petit bâtiment en dur qui peut servir d’école et éventuellement de refuge, mais souvent en très mauvais état. Il y a bien quelques écoles primaires non formelles de BRAC, mais elles sont limitées à 30 enfants par école. La couverture sanitaire est totalement inexistante et l’accès à l’eau potable et l’assainissement est très mauvais en comparaison d’autres régions agricoles du pays. Les pays donateurs officiels qui soutiennent le « Plan Stratégique de Réduction de la Pauvreté » (d’ici 2015) font pression sur le gouvernement du Bangladesh pour qu’il applique les règles de « bonne gouvernance » dans la mise en place de ce programme. Les populations rurales ne bénéficient pas des avantages des lois existantes et de leurs droits par manque d’information et d’ignorance. Ainsi les gens sont facilement manipulés, exploités et deviennent plus pauvres encore. C’est pourquoi il est très important qu’à travers des réunions de villages, des ateliers, des séminaires les gens soient informés de leurs droits fondamentaux. GK avec la participation de 6 ONGs locales propose un plan de cinq ans pour aider les habitants des chars à s’organiser et à développer la démocratie dans l’organisation communautaire locale afin d’intégrer les droits fondamentaux dans l’accès à la santé, à l’éducation et à tous les aspects de leurs conditions de vie. GK propose de créer un Conseil du Développement Social (CDS) dans chaque char afin de démontrer ce qu’est la « bonne gouvernance » et les droits des femmes et des enfants. Il serait trop long de vous expliquer ici les détails des structures que GK propose mais brièvement voici les actions pratiques proposées par GK :

Éducation Primaire- recrutement de 390 enseignantes originaires des chars. Construction de 65 écoles avec l’aide de la population.
Soins de santé primaires – recrutement de 65 auxiliaires de santé. Elles seront formées pendant six mois à Savar sur les soins de santé de base comme les soins pré et post-natal, le planning familial, les vaccinations, le traitement des maladies les plus courantes, fièvres, diarrhées, douleurs, petites blessures. Elles seront soutenues sur le terrain par 20 paramédics confirmées venant de Savar qui seront affectées à un des 13« clusters » regroupant 5 ou 6 chars voisins
Élevage de volailles indigènes – GK va choisir 50 familles par char pour former une coopérative. Chaque famille recevra un prêt de 600 takas (8 euros) par an pour élever 6 poulets ou canards. Remboursements du capital et intérêts constitueront un fond renouvelable pour assurer l’extension autonome du programme.
Élevage de chèvres et de moutons – GK va choisir 50 familles par char qui recevront 2 chèvres ou 2 moutons et un prêt de 2000 takas (25 euros) par an pour les élever.
Élevage de vaches à lait – GK va choisir 10 familles avec une femme comme chef de famille par char auxquelles il sera donné une vache. Chaque famille recevra un prêt de 15.000 takas (185 euros) par an.
Prêts agricoles saisonniers – les habitants des chars n’ont pas accès au crédit bancaire ni au micro-crédit des ONGs qui demandent des remboursements à la semaine ou à la quinzaine. C’est impossible pour ces populations qui n’ont pas de réserves alimentaires ni d’épargne et dont les cultures sont souvent endommagées ou détruites par les érosions des terres. GK propose d’organiser des coopératives de 50 familles dans chaque char. Chaque famille recevra un prêt de 5.000 takas (63 euros) pour cultiver 1 acre (4000 M2 ou 0,40 hectare) plus 2.000 takas (25 euros) pour les produits de première nécessité durant la « monga » où il n’y a ni récolte ni emploi.
Banque Agricole –GK propose d’aider les coopératives à commercialiser leurs récoltes par l’intermédiaire d’une banque coopérative. Celle-ci sera établie en collaboration avec les entrepôts du canton. Le coopérateur pourra y déposer sa récolte et recevoir 50% du prix en avance et l’autre moitié au moment de la vente. Les membres auront à payer 10% d’intérêt pour les premiers trois mois et 1 taka par 40 kg pour le coût de location de l’entrepôt. La Banque aidera les coopérateurs à obtenir le prix maximum de leurs productions.
Développement des femmes – Comme beaucoup d’hommes des chars migrent vers les grandes villes ou d’autres régions agricoles pour trouver du travail, les femmes doivent assumer beaucoup de tâches sur place. GK a organisé son programme en appliquant une discrimination positive en leur faveur dans le recrutement de son personnel soit 475 postes sur 498 soit 95.38%. Les femmes et les enfants seront les bénéficiaires privilégiés des programmes d’éducation, de santé et d’amélioration des conditions de vie. Ce sera aussi le cas dans les membres des Conseils de Développement Social (CDS) de chaque char dont un tiers des membres sera des femmes.
Stratégie pour la mise en place du programme – GK et les représentants des 6 Ongs locales avec 5 spécialistes techniques ont commencé à organiser des réunions dans chaque char pour écouter les habitants, hommes, femmes, enfants et anciens, discuter de leurs problèmes et de leurs solutions possibles. Il est nécessaire de tous les convaincre que GK et ses partenaires viennent en amis les aider à améliorer leurs conditions de vie et être leur porte-parole au niveau régional et national afin de faire valoir leurs droits. Pour se faire, il a été choisi de former des jeunes hommes et jeunes femmes des chars plutôt que de faire venir des gens formés en ville. Tout devra être décidé par la population par l’intermédiaire du Conseil de Développement Social qui aura de 11 à 15 membres (la population en décidera) et dont un tiers des membres au moins sera des femmes.

GK a commencé à former à Savar les institutrices et les paramedics sélectionnés avec l’aide des 6 Ongs partenaires. Nous ne savons pas encore comment le financement de ce programme va s’organiser. Pour notre part, nous pensons que ce programme semble bien conçu pour apporter le maximum de bénéfices à des populations marginalisées et aux conditions de vie extrêmement précaires avec un grand souci de participation communautaire. Notre Comité devrait pouvoir s’associer à ce programme. Il en sera discuté à la prochaine assemblée générale fin mars. Nous serons alors informés si la constitution d’un consortium de financement a pu se réaliser.

8 – La relève du Comité

Une nouvelle équipe est en train de se constituer. Plusieurs réunions se sont déjà tenues pour discuter des détails du fonctionnement pratique du Comité. La prochaine assemblée générale se tiendra fin mars. Ce sera alors l’occasion de présenter les candidats aux postes du bureau au Conseil d’administration. Vous en serez, bien entendu, informés, car des informations pratiques comme la nouvelle adresse du siège du Comité devront vous parvenir rapidement.

Pour vous permettre de vous orienter avec les différents projets de GK, nous avons joint au verso une carte du Bangladesh où vous trouverez la localisation des écoles Gonopathsala et du nouveau programme des Chars.

Chers Amis, j’espère que ce rapport vous aura intéressé, il est probablement le dernier que je vous écris personnellement, d’autres suivront sous d’autres signatures pour vous garder informés du travail formidable que font nos amis de GK pour sortir de la pauvreté et de l’ignorance les populations les plus marginalisées du Bangladesh. Il est certain que l’équipe sortante n’est pas prête d’oublier GK et le Bangladesh et qu’elle restera fidèle au Comité.

Merci encore très sincèrement de votre fidélité et de votre générosité. Bien cordialement à tous

Lucien Bigeault
Président du Comité


Le 7 décembre 2005


Chers Amis du Comité,


Ce rapport va vous paraître plus maigre que ceux que vous recevez habituellement en fin d’année. La raison en est que cette année des informations détaillées et toutes fraîches sur les différents programmes que vous avez à cœur de financer vont nous parvenir dans les quatre semaines qui viennent.

En effet, deux amis font en ce moment un grand voyage pour nous apporter des nouvelles fraîches. D’abord, dans le sens France/Bangladesh, c’est un ami du Comité, Bernard Arthus, qui a obtenu de son entreprise un congé de solidarité internationale de cinq semaines. Il s’est mis à notre disposition pour aller visiter les différents programmes que nous soutenons. Il est parti le 6 novembre et rentrera en France le 13 décembre. Dans le sens Bangladesh/France, c’est Golam Mustafa Dulal, directeur de l’Education de GK, plus connu dans nos rapports sous le nom de Dulal. Comme le programme de l’école de conduite pour femmes de Cox’s Bazar est sous sa responsabilité et que ce programme est cofinancé par le Secours Populaire Français (SPF), il est invité, avec 150 autres partenaires du SPF originaires des pays du Sud, au 60e anniversaire du SPF à Paris du 1er au 4 décembre. Nous en profiterons pour avoir des réunions de travail avec lui. Alors,
et pour demeurer fidèle à notre rendez-vous annuel de décembre, vous trouverez ci-dessous un bref rapport préliminaire sur les actions principales que vos financements soutiennent et leurs perspectives. Nous le complèterons début 2006 d’un rapport beaucoup plus copieux des nouvelles de nos deux voyageurs.

Nouvelles du Bangladesh

Cette année, la nature n’a pas été trop sévère avec le Bangladesh. Le pays a échappé au tsunami de début d’année et les inondations de la mousson n’ont été graves que dans le quart nord-ouest du pays, fin juin et, de nouveau, fin septembre. Il y a eu quelques petits cyclones qui n’ont fait que peu de dégâts matériels et peu de pertes en vies humaines. La seule vraie catastrophe, mais qui revient régulièrement tous les ans en octobre/novembre, c’est la « monga » une situation de quasi-famine qui affecte les paysans les plus pauvres du nord-ouest du pays. Dans cette région, où l’on ne fait que deux récoltes de riz par an faute d’irrigation, il n’y a aucune industrie pour fournir de l’emploi. Les habitants dépendent entièrement de l’agriculture pour leurs ressources. Les paysans sans terre louent de la terre ou vendent leur force de travail aux propriétaires terriens. Dans tous les cas, le riz planté en début de mousson n’est récolté qu’à la mi-octobre, et de la fin août jusqu’à la fin octobre, les paysans sans terre ne trouvent plus de travail. Selon le décalage des saisons et par conséquent des dates de récolte, de la fin septembre à la mi-novembre, leurs maigres économies sont vite épuisées et sans réserve d’aucune sorte les gens meurent littéralement de faim, surtout les personnes âgées et les jeunes enfants. Les familles n’ont que le choix de s’endetter lourdement auprès des prêteurs sur gages ou de vendre leur travail par avance auprès des propriétaires. Les hommes, jeunes et vieux, partent par dizaines de milliers vers les grandes villes dans l’espoir souvent déçu de trouver un petit emploi, car la concurrence y est alors féroce.

Cette année, la « monga » a coïncidé avec le Ramadan, et alors que les citadins aisés se précipitaient dans les magasins pour acheter des cadeaux pour les fêtes de l’Eid (c’est comme chez nous Noël), au nord du pays, des pauvres mourraient de faim. Les journaux ont publié des articles pour stigmatiser l’incurie du gouvernement qui n’a rien prévu ou si peu pour venir en aide à ces populations totalement démunies, alors que c’est une crise alimentaire qui revient tous les ans à la même époque. Des chercheurs de l’Institut de Recherche sur le riz ont mis au point une nouvelle semence Biri 33 qui pourrait se récolter en seulement 100 jours au lieu de 130 jours pour les semences utilisées actuellement et ainsi raccourcir d’un mois cette période critique. Les premiers essais sont prometteurs, mais il faudra plusieurs années avant que cette nouvelle semence soit largement utilisée dans cette région et apporte une solution à cette crise alimentaire annuelle. Le gouvernement devrait constituer des réserves de riz sur place et offrir du « travail contre nourriture ». De plus, ces paysans sans terre ne peuvent même pas bénéficier des prêts de micro-crédit auprès des ONGs car celles-ci exigent des remboursements hebdomadaires. Des ONGs, dont GK, ont demandé au Gouvernement qu’un plan d’urgence soit lancé au plus vite pour apporter des solutions à court, moyen et long terme et que les distributions de nourriture aux familles les plus affectées soient faites rapidement.

Par ailleurs, la situation politique chaotique dans laquelle vit le pays depuis les dernières élections de novembre 2001 continue. L’Awami League, parti d’opposition majoritaire continue de boycotter le Parlement. Il n’arrête pas d’exiger du Premier Ministre, Kaleda Zia, qui n’a aucune intention de le faire, de démissionner afin d’obtenir des élections législatives anticipées avant l’échéance de novembre 2006. Les islamistes, dont chacun des deux principaux partis se sont servis à tour de rôle pour gagner les élections, se font plus agressifs. Des bombes, des assassinats de journalistes, des attaques kamikazes contre des juges ont été récemment commises. Si les journaux disent qu’il ne s’est jamais encore vendu autant de voitures de luxe, Mercedes, BMW et autres 4X4, la majorité de la population vit ou survit dans de grandes difficultés avec le prix des denrées de base en constante augmentation. Pour la 4e année consécutive, Transparency International vient de publier ses indices de perception de la corruption dans le monde et l’on constate que le Bangladesh figure de nouveau à la première place, partagée avec le Tchad, comme pays « apparemment » le plus corrompu.

Nouvelles brèves des Programmes de GK

En attendant les rapports de nos voyageurs
:

1-Programme Cher-Tarash (partenariat entre des écoles publiques du Cher et l’école Mahato de Tarash). Tout semble aller bien, aussi bien dans les écoles du Cher que dans l’école Mahato où il y a 234 élèves. Le prix moyen du repas par enfant/par jour s’établit à 8,78 takas/11 centimes d’euros. Les 11000 euros envoyés en avril dernier devraient couvrir les dépenses jusqu’en juillet 2006.
De nouvelles constructions ont été réalisées dans l’école : un « Musée de la culture Mahato » vient d’être inauguré ainsi que l’abri repas des enfants. Le Conseil des Enfants a été mis en place et a tenu ses premières réunions. Dulal profitera de son passage en France pour se rendre dans quelques écoles de Bourges engagées dans ce partenariat.

2- Programme des puits contre l’arsenic. Pour la période avril2005/avril2006, GK nous propose d’installer 50 nouveaux puits dans des cantons où la pollution de l’eau par l’arsenic est la plus grave. Coût 573 euros par puits. Le coût du programme de construction des 50 puits et des frais annexes s’élève à 36000 euros.

3-Programme des foyers de Tanchi et sécurité alimentaire. C’est un programme extrêmement important pour les enfants et les familles des minorités tribales du canton de Tanchi. 249 enfants originaires de villages très éloignés sont accueillis dans les foyers et peuvent ainsi continuer leur scolarité. La grande fragilité des rendements des cultures sur brûlis pratiquées de manière ancestrale par les tribus les mettent en danger de famine dès que les récoltes sont mauvaises. Nous les avons aidés à constituer des stocks de riz (91 tonnes) que les familles doivent reconstituer au fur et à mesure des récoltes. GK nous a demandé de renforcer une fois encore ces stocks. Ce nouveau financement est d’environ 35000 euros pour 2005/2006.

4-Programme de l’école de conduite de Cox’s Bazar. Elle fonctionne bien. Une promotion de 20 nouvelles conductrices devrait sortir d’ici avril 2006. Le ministère de la coopération vient de demander le remboursement de 12500 euros qui n’ont pas été dépensés par GK pour la première année pour diverses raisons indépendantes de leur volonté alors que le Ministère avait déjà annulé son financement pour les 3 et 4e années. Cet argent va faire gravement défaut pour le financement de la 2e année. C’est vraiment scandaleux ! Avec notre partenaire, le Secours Populaire Français, nous allons faire appel de cette décision absurde alors que la France ne finance déjà aucun projet de développement social au Bangladesh.

Nouvelle équipe

Les consultations et réunions pour constituer une nouvelle équipe de direction pour le Comité se poursuivent et avancent. Nous avons bon espoir maintenant que d’ici avril 2006 nous pourrons passer le relais à une nouvelle équipe dynamique pour continuer avec vous et dans le même esprit le travail de soutien aux programmes de GK commencé il y a 33 ans.

Chers Amis, merci encore pour votre confiance, votre fidélité et votre générosité. Nous vous promettons des nouvelles détaillées pour le début d’année 2006. En attendant nous vous souhaitons un très bon Noël et des très Joyeuses Fêtes de fin d’année.

Très cordialement à vous

Lucien Bigeault, président du Comité




Le très émouvant film ( 52 minutes) de notre ami Amirul Arham sur la tragédie de l’arsenic au Bangladesh « L’eau du Diable » sera programmé sur FR3 et FR5 en début d’année. En attendant, le DVD est disponible au prix de 18
euros (port compris) auprès de notre Comité. Nous vous le recommandons vivement.


Le 28 juillet 2005

Chers Amis du Comité,

La mousson du sud-ouest est arrivée à Dhaka le 27 juin et a couvert tout le pays en 72 heures ! Depuis la mi-mai, la température était insupportable, tous les jours entre 38°C et 42°C avec 80% d’humidité. Après cette chaleur étouffante, tout le monde était joyeux de ces trombes d’eau rafraîchissantes malgré une circulation devenue encore plus chaotique que d’habitude. Trois semaines plus tard, plus personne n’a envie de se réjouir. Les bas quartiers de Dhaka sont recouverts de 50cm d’eau, partout les égouts sont bouchés. Les régions du nord-ouest sont déjà inondées, des milliers de maisons détruites, des récoltes dévastées, des centaines d’étangs consacrés à la pisciculture vidés de leurs poissons. Cette région se relevait à peine des grandes inondations de l’été dernier. Dans ce pays surpeuplé, ces hommes et ces femmes sont condamnés à vivre sur des terres où tous les ans le fruit de leur travail de l’hiver et souvent leur petite habitation sont détruits. Il ne leur reste qu'à attendre l’aide des autres pour survivre et lutter, encore et encore, le ventre souvent vide.

Nous sommes désolés du retard de cet envoi ! Nous avons dû attendre de recevoir les rapports des responsables des différents programmes de GK pour vous en extraire les informations que nous jugeons important de vous faire connaître. C’est la première fois que le traditionnel rapport de juin vous arrivera fin juillet. L’essentiel c’est que vous ayez enfin des nouvelles de ce qui se fait à GK avec vos dons !

1-Gonopathsala – l’Ecole des Pauvres

À l’heure actuelle, le programme comprend 58 écoles Gonopathsala dont 7 dans des abris anti-cyclones, 5 dans les tribus du nord-ouest (4 Saotals/1Mahato), 9 dans les plaines inondables du centre et 37 dans la région de Tanchi dans le district de Bandarban des Chittagong Hill Tracks. Parmi ces dernières, 8 ont été construites par l’administration locale et 2 par le gouvernement. Il y a un total de 6200 enfants scolarisés dans ces écoles et 431 ont terminé leur cycle primaire cette année. Le taux moyen d’absentéisme des enfants n’est que de 17%. GK s’était fixé l’objectif de scolariser au moins 60% de filles, mais elles ne sont encore que 52% car dans les nouvelles écoles, particulièrement dans le District de Bandarban où les filles travaillent beaucoup dans les champs, il n’est encore que de 40%.

Le nombre total d’enseignants est de 213 dont 208 femmes et 5 hommes tous originaires des zones où les écoles sont implantées. Dans les petites écoles de la région de Tanchi il y a une enseignante pour 17 élèves alors que dans les autres écoles plus importantes il y a en moyenne une enseignante pour 32 élèves. Quatorze paramédics sont basées à Tanchi. Elles visitent chaque école une fois par mois et donnent des cours d’hygiène et d’éducation à la santé aux enfants ainsi qu’aux villageois, en particulier aux femmes enceintes.

Les salaires trop limités offerts par GK aux enseignantes commencent à déstabiliser le programme et à mettre son avenir en péril, d’autant plus que trop souvent ils sont versés avec plusieurs mois de retard. Ce problème est particulièrement aigu pour les 65 enseignantes responsables des écoles tribales de Tanchi. C’est cette raison, en plus de l’isolement géographique dans ces villages reculés et le prix élevé des denrées de base dû aux coûts de transport à dos d’hommes, qui a entraîné le départ d’un certain nombre d’entre elles. Ces jeunes filles veulent progresser dans la société et contribuer au développement des gens de leurs tribus. Elles sont bien conscientes qu’elles font de gros sacrifices en quittant la sécurité de leurs familles et en choisissant de ne pas travailler en ville. C’est pourquoi elles doivent bénéficier d’une attention particulière. Tom Crick, responsable des programmes Asie de notre partenaire One World Action (OWA) a passé un mois dans la région de Tanchi en mars dernier. Il a pris le temps de visiter les écoles les plus difficiles d’accès. Il a constaté que Dulal, le directeur de l’Education, mobilisé cinq mois l’année dernière par le programme de réhabilitation après les graves inondations de l’été dans le nord du pays, n’avait pas pu apporter toute l’attention qui aurait été nécessaire au bon fonctionnement des écoles de Tanchi. Tom Crick a recueilli les doléances de nombreuses enseignantes n’ayant pas reçu les augmentations annuelles de salaire qui leur avait été promises et qui n’avait pas touché de salaire depuis trois mois. Il a appris que 40 enseignantes s’étaient mises en grève pour obtenir satisfaction puis avaient brusquement quitté le programme et parmi elles, les plus expérimentées. Elles auront facilement trouvé de meilleures conditions de travail avec le Plan de Développement des Nations-Unies (PNUD) qui commence à s’investir dans la région. Tom Crick a constaté aussi que dans beaucoup d’écoles les stocks de cahiers, craies, crayons étaient épuisés et n’avaient pas encore été remplacés sans parler de l’absence des moustiquaires imprégnées qui avaient été promises aux villageois, indispensables dans cette région où la malaria sévit. Certaines des enseignantes restées en place n’avaient reçu que peu de formation et attendaient impatiemment de bénéficier de complément de formation pédagogique.

Bref, ce ne sont pas de très bonnes nouvelles que nous vous donnons de ce programme dans les zones tribales, programme qui semblait si prometteur, mais on vous doit la vérité ! Tom Crick a fait part de ses observations sur le terrain et de ses déceptions au Dr Zafrullah Chowdhury et à Dulal, le responsable direct du programme. Il savait que l’Union Européenne avait eu six mois de retard dans le versement des fonds de cofinancement pour 2004/2005, mais il ignorait que GK ne pouvait plus faire l’avance de l’argent sur ses fonds propres. Ce manque d’argent a failli ruiner les efforts importants faits ces trois dernières années. Une fois les infrastructures matérielles et humaines réalisées, il était indispensable que le fonctionnement soit assuré selon les exigences contractuelles du programme.

Le désir de GK de développer l’éducation primaire dans les zones tribales, zones les plus pauvres et déshéritées du Bangladesh, était légitime et tout à fait en ligne avec leur philosophie d’être au service des plus pauvres et en particulier des femmes et des enfants. Si l’on considère les difficultés rencontrées pour obtenir la participation des populations tribales à la construction des écoles (13 tribus différentes) et arriver à recruter suffisamment de jeunes femmes originaires de ces tribus pour animer toutes les écoles, nous pouvions dire que le programme était, jusque-là, un vrai succès. Du reste, ce succès était reconnu par tous et en particulier par les responsables de l’administration locale. Dans ces régions très difficiles, le gouvernement lui-même n’a jamais encore réussi à garder les enseignants dans ses écoles ni les médecins dans les hôpitaux construits à grands frais, comme celui de Tanchi. En fait, celui-ci, toujours vide, vient d’être proposé à GK. Nous souhaitons que GK réussisse là où le gouvernement a failli. GK est bien conscient qu’ils doivent redresser la barre au plus vite et réparer leurs erreurs pour ne pas décevoir leurs employés et les villageois des tribus dont ils avaient gagné la confiance. Tom Crick a proposé un plan d’amélioration significative de la grille générale des salaires, le recrutement de coordinateurs et de formateurs, plan qui a été accepté par GK. Aux toutes dernières nouvelles, ce plan commence à être mis en place, les fonds nécessaires ont été débloqués et les salaires en retard réglés. À l’annonce des augmentations de salaires (minimum 2500 takas maximum 4000 takas), une vingtaine des enseignantes qui étaient parties ont exprimé le souhait de revenir travailler avec GK. Par ailleurs, GK vient de recruter 52 nouvelles enseignantes pour animer 35 nouvelles écoles que le gouvernement vient de leur confier dans le canton de Ruma à l’est de Tanchi. Dulal a maintenant un assistant qualifié, Babu, basé à Cox’s Bazar, qui pourra plus facilement contrôler ce qui se passe à Tanchi.

Sur le plan financier, il reste suffisamment d’argent à recevoir de l’Union Européenne pour continuer à financer le programme jusqu’en avril 2007, alors qu’il devait normalement se terminer en avril 2006. Notre Comité a versé 22500 euros pour financer notre part du programme jusqu’en avril 2006.

Comme vous le savez, nous finançons aussi 5 internats où sont logés 248 enfants de villages trop éloignés pour que les jeunes enfants puissent venir régulièrement à l’école. Les parents financent la moitié des frais de nourriture. Nous sommes engagés à raison de 5000 euros par an sur 4 ans. Nous n’avons pas encore reçu de détails sur la période avril2004-avril 2005.

Nous participons également au programme de sécurité alimentaire organisé par GK dans les villages du canton de Tanchi. En 2004, GK a fait l’avance de 81 tonnes de riz pour constituer des réserves villageoises. Les villageois tribaux vivent essentiellement de cultures sur brûlis dont les rendements diminuent ou sont menacés par les insectes, rongeurs et calamités de toutes sortes. Des situations de famine se produisent régulièrement. Ces réserves devront être reconstituées chaque année par les villageois. Elles sont gérées par des comités locaux auxquels participent les enseignantes et devraient ainsi permettre d’éviter de nouvelles crises alimentaires. Le coût élevé de transport du riz par bateau sur la rivière Sangu a augmenté les frais de constitution de ces réserves. Les 81 tonnes ont coûté 20250 € livrées à Tanchi soit 0,25€/18 takas le KG. Une partie des frais a déjà été couverte par notre Comité et nous avons à rembourser l’avance de 8000 euros faite par GK.

2-Ecole Mahato de Tarash - Programme Cher-Tarash d’Échange Culturel et fourniture de repas

Cette école du programme Gonopathsala fait l’objet d’un programme particulier de « parrainage » avec les écoles primaires du département du Cher. Des difficultés de gestion du programme de repas ont été rencontrées une bonne partie de l’année 2004 aussi il a été décidé d’aller sur place pour en trouver les raisons et essayer de les résoudre ensemble avec Dulal. Jacques Lejeune représentant le Comité et Marie-Noëlle Lejeune représentant l’OCCE (Office Central de la Coopération à l’Ecole) du Cher ont séjourné au Bangladesh du 24 février au 10 mars 2005. Dès le lendemain de leur arrivée, ils ont participé à une réunion de travail à Savar où ont été évoqués les divers problèmes qui ont affecté le bon déroulement du programme de repas. Shawpawn, le coordinateur du programme d’échange culturel était également présent ainsi que Joy Banerjee, membre du Comité alors que Shofique Khan, directeur exécutif et Dulal, directeur de l’éducation, représentaient GK. À plusieurs reprises, l’absence d’argent sur le compte bancaire du Conseil d’établissement (SMC) a entraîné l’arrêt de la distribution des repas sur des périodes plus ou moins longues car les commerçants n’acceptaient plus de vendre leurs produits à crédit. Les fonds du Comité et de l’OCCE étaient bien disponibles sur le compte de GK, mais ils n’étaient pas transférés régulièrement sur le compte bancaire du SMC pour diverses raisons administratives (absence de certaines factures, non-respect des formalités administratives de GK, absence de rapport d’activité validé par GK justifiant les dépenses). Cette réunion a permis d’obtenir un engagement de GK pour que les fonds soient transférés par trimestre d’avance et ajustés au fur et à mesure en fonction des dépenses justifiées. Shawpawn, coordinateur de l’échange culturel, ayant passé une bonne partie de son temps à régler les problèmes du repas, il était essentiel que l’objectif premier de ce partenariat puisse reprendre toute sa place. Parallèlement à ces négociations ardues, notre délégation a passé trois jours à l’école de Tarash accompagnés de Dulal et de Shawpawn, où Ils ont rencontré les enseignantes et les parents d’élèves. Ces différentes rencontres, souvent très animées, sur les dysfonctionnements du programme de repas attribués à GK, sur le peu d’attention accordée par Shawpawn au programme d’échange culturel ont finalement débouché sur la mise au point d’un nouvel accord de partenariat avec GK prenant acte des enseignements de cette première période. Cinq commissions ont été constituées : commission-éducation, commission-repas, commission-échange culturel, commission-santé et conseil des enfants). Le rôle de Shawpawn comme coordinateur du programme d’échange culturel a été précisé. Il devra : 1- trouver et publier des informations sur le peuple Mahato 2- expliquer aux enseignants et parents les Droits de l’enfant 3-stimuler chez les enfants mahatos la découverte de leurs propres traditions et aider et soutenir les enseignantes et des membres du SMC à prendre des initiatives dans ces domaines. 4- créer et faire fonctionner un Conseil des enfants qui devra être responsable, entre autres, de l’organisation des évènements culturels au sein de l’école. (Shawpawn vient de nous confirmer que ce dernier venait d’être formé). Dorénavant, Shawpawn ne devra plus s’occuper du programme des repas qui sera géré par la directrice et le SMC et contrôlé par GK. Par ailleurs, afin que les liens hiérarchiques soient clairement définis, Shawpawn rend compte maintenant à Dulal, directeur de l’éducation, ( et non plus au seul l’OCCE dont le contrôle effectif ne pouvait être que virtuel) et reçoit sa rémunération de GK. Les échanges de correspondance relatifs au programme d’échanges culturels devront toujours être adressés aux trois partenaires, GK, OCCE et Comité. Après les difficultés rencontrées tout au long de l’année 2004, nous avions douté de la volonté de GK de mener à bien ce programme. Nous sommes maintenant plus confiants avec cette nouvelle organisation. Elle se traduit dans l’accord signé et l’engagement renouvelé de GK pour que ce programme réussisse et se développe sur des bases solides, afin de retrouver la confiance de tous les partenaires et en particulier de la population Mahato de Tarash. Nous venons d’être informés qu’un trimestre d’avance venait d’être crédité sur le compte du SMC.

Dans le Cher, ce sont maintenant douze écoles primaires et cinq collèges qui sont engagés dans le projet Cher-Tarash. De nombreuses activités ont été organisées dans les classes pour collecter des fonds.

Nous avons envoyé 11000 euros pour couvrir les dépenses du programme des repas et de l’échange culturel pour la période avril2005-avril2006. La participation de l’OCCE pour la période scolaire Septembre2004-juillet2005 s’élève à 5800 euros, soit environ la moitié des fonds envoyés.

3- Programme des puits ouverts (arsenic).

Ce programme concerne la fourniture de puits ouverts (comme dans nos campagnes autrefois) aux villageois de la région de Kashinathpur et d’Ahmedpur (district de Pabna) sérieusement affectés par les empoisonnements par l’arsenic contenu dans les nappes phréatiques. Notre ami Amirul Arham, cinéaste d’origine bangladaise naturalisé français, nous a sensibilisé à ce grave problème lors du tournage de son documentaire sur ce sujet dans une famille du village d’Ahmedpur, en particulier les deux sœurs, Asmah et Nasmah. Celles-ci, gravement malades sont devenues depuis nos protégées. Hélas, malgré tous les soins que nous avons pu lui faire apporter à l’hôpital GK de Savar, il était trop tard pour Asmah, 16 ans, qui est décédée le 3 janvier 2005 d’un cancer du poumon. Sa sœur Nasmah est maintenant prise en charge et soignée à Dhaka par la famille d’Amirul et des amis médecins. Nous pensons organiser un parrainage pour financer sa pension alimentaire et sa scolarité.

Amirul Arham est retourné au Bangladesh en décembre et janvier derniers pour compléter les images de son film. Entre temps il a obtenu l’accord de FR3 et de France 5 pour le montage et la diffusion de son film de 52 minutes « L’eau du Diable » qui sera diffusé à l’automne. Notre programme de puits sera présenté dans ce film, montrant comment on peut fournir de l’eau sans arsenic à la population par des moyens efficaces, simples et peu coûteux. Se rapporter à la photo publiée dans le rapport de décembre. Ce film sera édité en français, anglais, bengali et italien. Ce sera le premier documentaire diffusé en Europe sur ce grave problème de l’empoisonnement par l’arsenic de millions de personnes en Inde et au Bangladesh.

Shishir, directeur exécutif adjoint de GK, est responsable de ce programme des puits. Il vient de nous confirmer que 25 puits avaient été construits dans la région indiquée plus haut, le premier ayant été creusé près de la maison d’Asmah et Nasmah. Dix autres puits viennent d’être terminés dans le canton de Monakosha plus à l’ouest près de la frontière indienne et très proche du Centre GK de Shibganj. D’après le rapport financier que nous venons de recevoir le prix de revient d’un puits est de 571 euros et peut être utilisé par 15 ou 20 familles. Le coût d’un puits est 15% de plus que prévu à l’origine du fait de l’augmentation très importante cette année des prix du fer à béton et du ciment.

Une organisation villageoise a été mise en place afin de contrôler le libre accès au puits et le financement de sa maintenance. En octobre 2004, GK a organisé une formation de quatre jours pour une centaine d’animateurs villageois sélectionnés par les paramédics de GK qui visitent régulièrement ces villages. Une majorité de ces animateurs sont des femmes. Autour de ces animateurs villageois, des Comités ont été formés. Ils doivent se réunir une fois par mois. Les animateurs ont appris à faire les tests de l’arsenic dans les puits tubés et sur les 560 puits tubés testés ils ont trouvé que 80% d’entre eux avaient une teneur en arsenic supérieur aux 50 microgrammes d’arsenic par litre d’eau, limite acceptée par les autorités sanitaires du Bangladesh (elle est de 10 microgrammes pour l’OMS). Un séminaire sur l’arsenic sera organisé en septembre pour continuer d’informer la population sur les risques de l’arsenic. Trois fois par an, les puits seront testés pour déterminer la présence rare mais toujours possible d’arsenic et de germes pathogènes et un panneau fixé sur chacun des puits informera les villageois sur les résultats des tests. Les villageois commencent à savoir qu’il vaut mieux pour leur santé boire l’eau des puits plutôt que l’eau des pompes à main marquées en rouge. Cependant, certains villageois n’ont pas confiance dans les protections qui ont été mises autour des puits pour empêcher la chute de feuilles ou d’insectes et pensent que cette protection ne peut pas empêcher la poussière de tomber dans l’eau. Par ailleurs, des villageois sont parfois socialement freinés dans leur accès à un puits qui a été installé près de la maison d’un voisin. Il est encore trop tôt pour dire si les puits seront totalement acceptés par la population comme un substitut fiable à l’eau des pompes à main (qui ne le sont plus).

Nous avions envoyé 10000 euros en 2004 pour démarrer le programme et venons d’envoyer 10000 euros pour rembourser GK de l’avance faite pour terminer le programme des 35 puits.

Au sujet des méthodes disponibles pour éliminer l’arsenic, il existe maintenant une grande variété de filtres domestiques fabriqués à l’étranger et au Bangladesh. Le gouvernement du Bangladesh a formé une commission technique pour en faire le tri et délivrer une autorisation à ceux qui sont efficaces, faciles à utiliser par les villageois et bon marché. Six ont été approuvés, parmi eux le filtre SONO mis au point par un ingénieur bangladais. Celui-ci n’utilise aucun produit chimique et a déjà été fabriqué à plus de 15000 exemplaires. Ce filtre ne coûte que 30 euros et correspond aux besoins journaliers d’une famille de 6 personnes. Il est maintenant distribué par de nombreuses ONGs soit gratuitement soit subventionné à 50%. Leur durée d’efficacité est de plus de 5 ans et il n’y a pas de problèmes d’élimination de l’arsenic de l’élément filtrant. Cette solution permet de continuer à utiliser l’eau des pompes à main, un investissement important qu’il est souhaitable d’entretenir. C’est peut-être une solution à prendre en considération pour la deuxième phase de notre programme. Nous en discutons avec GK.

4-L’école de conduite pour femmes de Cox’s Bazar.

C’est avec la formation des paramédics le programme-phare de GK pour l’émancipation des femmes au Bangladesh. Ouverte en 1992, elle a déjà formé 18 conductrices qui sont employées soit par GK soit par d’autres ONG ou organisations internationales. Le nouveau programme de formation a pour objectif de former 20 nouvelles conductrices sur deux ans. Le recrutement des élèves a pris plus de temps que prévu car il n’était pas facile pour ces jeunes filles ou jeunes femmes de quitter leur famille pour le village de Dechuapalong où se trouve l’école, perdue dans la nature à 80 Kms de Cox’s Bazar et d’apprendre un métier typiquement masculin. Cependant, avec cette formation, GK offre à ces jeunes femmes la possibilité d’accéder à un travail bien rémunéré, traditionnellement impossible hors du domicile familial. C’est encore la seule école de conduite pour femmes existant au Bangladesh. Un ami de GK, propriétaire d’une compagnie de bus, a récemment proposé de leur faire passer le permis de transport public et de les embaucher pour ses lignes d’autobus autour de Dhaka.

Les critères de sélection sont les suivants : niveau minimum scolaire de la 4e avec préférence pour le niveau du BEPC, origine familiale modeste, âge 18 à 25 ans, une bonne santé et une taille minimum de 1m.60. Il est intéressant de noter que l’origine géographique des élèves est très diversifiée et comprend même 7 jeunes filles de la tribu Marma, originaires de la région de Bandarban.

Nous vous rappelons que ce programme est financé conjointement par le Secours Populaire Français (SPF) et notre Comité et devait recevoir un financement à hauteur de 50% du Ministère de la Coopération. Nous sommes engagés pour deux cycles de formation de 20 élèves chacun soit 40 élèves sur 4 ans. Le coût prévisionnel total est de 129000 euros dont 33500 euros pour les travaux d’aménagement et les achats de véhicules d’occasion. Le Ministère de la Coopération qui devait contribuer au projet pour 64000 euros a annoncé en mars 2003 le non-versement de 34000 euros à la suite de compressions budgétaires et au fait que le Bangladesh ne fait pas partie du champ « clos » de la francophonie. La participation du Comité à ce programme devait être de 26000 euros dont 16000 euros ont déjà été versés en septembre 2003. Malgré la défection du Ministère de la Coopération, le SPF a décidé de mener à terme ce projet sur ses fonds propres. Le Comité épaulera le SPF dans la mesure de ses moyens. Le SPF a transféré 25000 euros en août 2004 et 10000 euros en juin 2005.

Jean Frémont, responsable des programmes Asie au SPF et Mélanie Kengen, responsable des cofinancements ont visité l’école de conduite du 17 au 22 janvier dernier avant d’aller visiter les régions de l’Inde du Sud affectées par le tsunami où le SPF a des programmes d’aide aux sinistrés. Cette visite a été très profitable, toutes les questions restées en suspens et difficiles à régler par courrier électronique, ayant trouvé leurs réponses. Babu, le nouvel assistant de Dulal basé à Cox’s Bazar est aussi responsable des relations avec le SPF. Espérons que les bonnes intentions exprimées sur place quant à l’expédition régulière de nouvelles seront suivies d’effet.

5-Programme de santé urbain

Ce programme était destiné à créer un modèle de soins de santé adapté aux très difficiles conditions de vie des habitants pauvres et défavorisés des bidonvilles des grandes mégapoles du Tiers-Monde, et en particulier ceux de Dhaka. Ce modèle devait être efficace et compatible avec les moyens financiers limités de l’état. Sur les 10 millions d’habitants de Dhaka près de la moitié vit dans 22000 bidonvilles. Le programme était prévu à l’origine pour travailler dans onze bidonvilles avec comme base fixe le grand hôpital référence de GK au centre de Dhaka. Il est maintenant concentré sur le bidonville de Baunibadh où survivent 500.000 habitants, un des plus important autour de Dhaka et près duquel est installée la petite clinique de Mirpur, quartier périphérique au nord de Dhaka.

Ce programme de 3 millions d’euros a été financé par One World Action (OWA) et International Solidarity Fund (ISF-Finlande) avec un cofinancement à 62% de l’Union Européenne pour la période Oct1999-Oct2004. GK a apporté une contribution significative de 800.000 euros sous forme d’équipement et de bâtiment. Notre Comité a participé à ce financement à hauteur de 50000 euros en complément du financement d’ISF tandis que la Loterie Nationale anglaise, à travers OWA, a apporté 612000 euros, soit près de la moitié du financement ONG hors Union Européenne.

Une première évaluation contractuelle à la mi-temps de ce programme avait été réalisée en avril 2002 par le Dr Didier Patte. Nous vous en avions donné les conclusions principales dans notre rapport de décembre 2002. L’évaluation finale a été réalisée par le Dr Didier Patte en avril dernier. Il a été très déçu de constater que les recommandations faites en 2002 avaient si peu été suivies d’effet. Il est vrai que le Dr Morshed Chowdhury, alors responsable du programme, a quitté GK en 2003 et sa succession a été difficile. Une nouvelle équipe a été formée pleine de bonne volonté mais manquant d’expérience pour mener à bien un programme aussi important.

Amélioration notable : c’est la nomination d’une femme médecin pour diriger la clinique de Mirpur où la clientèle est essentiellement féminine, mères de famille et jeunes ouvrières des usines textiles. Elle est assistée par 16 paramédics femmes et agents de santé communautaires. Elles vivent sur place et peuvent offrir des services tard le soir et sont disponibles 24h sur 24 pour les urgences. Deux postes de santé fixes ont été ouverts en bordure du bidonville. L’équipe de Mirpur anime 37 consultations satellites dans le bidonville, souvent à l’extérieur dans les cours d’écoles. Les agents de santé communautaire vont par deux faire des visites de maison en maison deux jours par semaine tandis que les deux autres jours, elles reçoivent les familles dans des lieux fixes. Afin de réduire le taux important de mortalité maternelle et infantile, de nombreuses matrones ont été formées aux règles d’hygiène et d’asepsie des accouchements. Elles ne font pas partie du personnel de GK, mais sont associées à GK. Les femmes leur font plus confiance depuis qu’elles ont reçu cette formation. En retour, elles sont chargées de faire connaître les autres services de GK aux habitants qui les ignorent encore trop souvent.
Les consultations à jour fixe dans sept usines textiles du quartier offrent aux jeunes ouvrières la possibilité d’obtenir un suivi de leur condition de santé, des médicaments et des informations sur le SIDA, les MST, les droits des femmes, directement sur leur lieu de travail. Les entreprises textiles en tirent aussi bénéfice pour « redorer » leur image de « commerce éthique », maintenant indispensable pour exporter plus facilement vers l’Europe ou les USA. GK s’efforce aussi de toucher les enfants qui travaillent dans les petites entreprises du bidonville, en leur apportant des informations sur la santé, des vitamines et des soins. Un autre point positif c’est le nombre de patients d’origine biharis pris en charge par GK dans ce bidonville. Ces biharis sont des réfugiés d’origine pakistanaise, « collaborateurs » de l’armée pakistanaise au moment de la guerre d’indépendance en 1971. Le Pakistan refuse toujours de les rapatrier alors que le Bangladesh leur refuse encore de son côté la nationalité bangladaise, mais GK a réussi à gagner leur confiance.

Malheureusement, le nombre de personnes touchées dans le bidonville est peu satisfaisant par rapport aux objectifs qui avaient été fixés. Cependant si ce programme n’est pas vraiment un succès ce n’est pas non plus un échec! Il s’est révélé trop ambitieux pour les capacités d’organisation de GK qui était avant tout une ONG pionnière et experte dans les soins de santé primaires dans les zones rurales. La désorganisation permanente des conditions de vie des habitants des bidonvilles, toujours sous la menace des expulsions des promoteurs immobiliers ou d’incendie ou d’inondation n’encourage pas les habitants à s’inscrire dans un programme d’assurance-maladie alors qu’ils ne savent pas où ils vivront demain. Les paramédics basées dans la clinique de Mirpur sont en majorité d’origine rurale et peu à l’aise pour faire du porte-à-porte dans les méandres des bidonvilles. Il aurait fallu que GK réussisse à recruter des paramédics originaires de ces bidonvilles. GK a cru aussi que son seul renom aurait dû attirer les malades vers la clinique de Mirpur.

En quelques années, la concurrence d’autres ONGs ou des cliniques privées s’est faite plus forte. Les tarifs des interventions de GK dans l’hôpital central sont 40% moins cher que les cliniques privées installées dans un rayon de quelques centaines de mètres autour et pourtant il ne fait pas le plein. L’idéologie de GK d’offrir des soins de qualité dans un environnement moderne (pour le Bangladesh) mais simple ne fait plus recette, même pour certains pauvres qui préféreront s’endetter pour aller dans une clinique plus belle, mais sans aucune certitude que les soins soient meilleurs. Et puis, tout le monde sait que le fonctionnement d’un hôpital moderne est un gouffre financier. Le résultat c’est que seulement 20% du budget a profité aux habitants du bidonville alors qu’ils étaient l’objectif principal du projet. Le programme a vraiment souffert du manque de communication de GK dans ce bidonville. Si les habitants ne sont pas bien informés des services qu’on leur offre, ils ne vont pas les chercher eux-mêmes. Cependant le modèle proposé par GK reste valable puisque ce sont les plus pauvres qui en ont bénéficié le plus. Les autorités sanitaires nationales et municipales se sont montrées très intéressées par les résultats, même s’ils restent modestes, et souhaitent que ce modèle ou certains de ses éléments soient essayés ailleurs. Dans ce sens, l’initiative courageuse de GK aura été utile.

6-Programme de santé rural

Ce programme concerne les soins de santé primaires à partir de l’hôpital de Savar et ses cinq sous-centres et des 10 autres centres de GK dans le Bangladesh. C’est toujours l’activité principale de GK et qui mobilise la plus grande partie du personnel. Elle dispense les soins à près d’un million de personnes. C’est la branche canadienne de l’ONG Plan International, avec un cofinancement du gouvernement canadien, qui finance ce programme dans les 10 centres, tandis que c’est l’ONG belge, Solidarité Mondiale qui finance le programme de Savar et des 5 sous-centres. L’ensemble des activités est orienté vers une beaucoup plus grande participation des communautés villageoises desservies dans la gestion du programme, y compris financière. Ils doivent essayer de « s’approprier » leur système de santé. L’assurance-maladie de GK doit se développer et fournir au moins 20% du budget de fonctionnement. Ce programme commencé en octobre 2001 doit se continuer jusqu’en octobre 2006 mais sera certainement prolongé. Impliquer les populations dans ce programme n’est pas une chose facile, mais tous les objectifs fixés ont été atteints jusqu’à maintenant. Grâce à ce programme, le centre GK de Sripur à 80 Km de Savar a été particulièrement développé. On y trouve un petit hôpital tout neuf et bien équipé et un institut de formation de paramédics. Cet institut attend l’homologation du Ministère de la Santé. Cette homologation permettra à la formation de paramédic de GK d’être enfin reconnue par l’état. Ce programme nous intéresse beaucoup, mais nous ne le finançons pas.

7-Programme de réhabilitation après les inondations de l’été 2004

Nous n’avons pas encore reçu le rapport complet. GK était à la tête d’un consortium de six ONGs locales financé par le Programme de Développement des Nations-Unies. Fin juin, on nous a dit que ce programme mobilisait toujours GK. Ils reconstruisent des routes et des canaux avec un système « argent contre travail » qui mobilise 10000 villageois tous les jours. Une autre activité est la reconstruction de 13000 maisons avec la participation des habitants. Les digues qui ont été reconstruites à l’automne ont permis aux paysans dans 10 districts de faire de bonnes récoltes d’hiver. Nous avons participé à la phase d’urgence à hauteur de 15000 euros.

8-Rapport financier

Au 1er janvier 2004, il restait 59032€ à distribuer auxquels se sont ajoutés 98389€ reçus en 2004 soit un total de 157421€. Il a été transféré à GK un total de 78735€. Les dépenses de fonctionnement se sont élevées à 2632€ soit 2.67% des dons reçus en 2004. Les dépenses de recherche de dons et de fidélisation des donateurs (rapports, documentation, duplication de K7 vidéo, master DVD) s’élèvent à 3582€ soit 3.64% des dons reçus. Fin 2004, le solde s’élevait à 69000€ avec des prévisions de dépenses pour 2005 d’au moins 60000 euros.

9-ATTENTION Très Important – L’avenir du Comité

L’Assemblée Générale ordinaire s'est tenue le 2 avril dernier, et selon nos statuts, seuls les membres actifs du Comité y ont été conviés. À cette occasion, les membres du bureau, composé de Lucien Bigeault, président (72 ans), Bernard Jarrousse, secrétaire (76 ans) et de Janine Mellinet, trésorière (78 ans) ont fait savoir qu’ils désiraient, d’un commun accord, mettre fin à leurs fonctions au 14 avril 2006, le dernier jour de l’année légale bengalie. Lucien et Bernard, membres fondateurs du Comité, ont assumé leurs responsabilités sans interruption depuis le 17 décembre 1972 soit depuis 33 ans. Ils pensent qu’il est grand temps de passer la main et souhaitent qu’une nouvelle équipe prenne en charge la direction du Comité. Lucien et Bernard resteront disponibles le temps qu’il faudra pour que cette passation de pouvoir s’effectue le plus efficacement possible.

À l’annonce de la démission prévue des membres du bureau, certains membres présents ont suggéré, qu’avant que cette démission ne prenne effet, des réunions d’information soient organisées avec les membres du bureau sortant afin de mieux informer les candidats potentiels sur la charge de travail, l’organisation détaillée récente de GK, la situation des programmes engagés, les réseaux existants avec d’autres ONGs. Une première réunion s’est tenue le 7 mai, où il a été souhaité, vu les circonstances, que le Dr Zafrullah Chowdhury puisse venir à Paris. Nous avons eu la chance qu’il vienne à Genève fin mai pour une réunion à l’OMS et qu’il puisse venir à Paris et se joindre à nous pour une seconde réunion le 22 mai. Celui-ci a souhaité que le Comité continue à soutenir GK et à redit l’importance pour eux des liens d’amitié que GK et le Comité ont tissés au fil des ans. Des volontaires se sont déjà proposés pour des tâches précises comme l’impression et la distribution de deux rapports annuels, des missions au Bangladesh sur les programmes soutenus ou la traduction de documents de l’anglais et certains sont prêts à faire partie de la nouvelle équipe si d’autres volontaires se présentent. La dernière réunion s’est tenue le 25 juin, au cours de laquelle il a été décidé que la prochaine réunion d’information serait ouverte à tous les donateurs qui aimeraient s’engager un peu plus dans la vie du Comité.

La prochaine réunion se tiendra le samedi 8 octobre à 14 heures. Il est demandé à tous les donateurs qui aimeraient y participer de se faire connaître soit en téléphonant au Comité, soit par courrier ou email avant le 26 septembre. En fonction du nombre de personnes confirmées, nous devrons déterminer le lieu de la réunion qui vous sera communiqué le 3 octobre au plus tard.

Chers Amis du Comité, les nouvelles que nous venons de vous donner ne sont pas toutes très bonnes. C’est vrai que GK se bat sur beaucoup de fronts et à la limite des capacités physiques et intellectuelles de ses cadres. Quand il faut faire face aux urgences comme les inondations, qui reviennent maintenant presque tous les ans avec leur long cortège de réfugiés, alors tout le personnel de GK se mobilise. Les cadres qualifiés étant trop peu nombreux, ils ne peuvent pas être partout, alors qu’ils travaillent déjà 10 ou 12 heures par jour, souvent loin de leurs familles. Ce sont les programmes d’éducation ou de développement qui, alors, en pâtissent. Dans ce pays où la corruption est générale, la bureaucratie de GK a toujours été pesante pour éviter les détournements d’argent toujours possibles. Mais les contrôles et les contre-contrôles font que l’argent n’arrive jamais à temps où on l’attend avec impatience. Il n’y a malheureusement qu’un seul compte bancaire pour tous les programmes financés de l’étranger. Il ne nous est donc pas possible de vérifier si chaque programme reçoit bien sa part et qu’elle ne soit pas affectée à un autre programme, jugé par eux, plus urgent. C’est ce qui amène les ONGs donatrices de GK à maintenant exiger qu’un compte séparé soit ouvert pour chaque programme.

Pour finir, je voudrais vous citer la conclusion d’un livre écrit récemment par un sociologue indien sur le modèle « GK » de promotion de la femme, après une étude approfondie des activités :

« Il est admis que le modèle de GK pour le développement du potentiel et de l’émancipation économique des femmes est vraiment novateur. Il a donné espoir aux désespérées, de la force aux plus faibles, a amélioré l’image que les femmes avaient d’elles-mêmes et, par-dessus tout, leur a donné le savoir et la confiance pour qu’elles se débrouillent toutes seules dans un monde de pauvreté, de souffrance et d’injustice ».

Les difficultés dont nous vous parlons sont excusables à partir du moment où les responsables de GK les reconnaissent et s’efforcent de les corriger. C’est ce que nous avons conclu de nos discussions franches et honnêtes avec le Dr Zafrullah Chowdhury le 22 mai dernier.

Merci de tout cœur de votre soutien, de votre générosité. Avec vos dons, GK continue à apporter un peu d’espoir et de dignité à des centaines de milliers de pauvres au Bangladesh.

Nous vous souhaitons un bel été, bien cordialement à vous

Lucien Bigeault
Président du comité

PS : Merci par avance à ceux d’entre vous qui ont une adresse de courrier électronique et qui accepteraient de nous la communiquer (par courrier électronique !).


Rapport du 30 novembre 2004 retour

 

Chers Amis du Comité,

 

Vous veniez à peine de recevoir notre dernier rapport de juin que nous apprenions que des pluies de mousson diluviennes s'abattaient sur le nord de l'Inde et le Bangladesh. Les trois grands fleuves, la Jamuna, le Brahmapoutre et le Gange (au Bangladesh appelé Padma) et leurs affluents sont très vite sortis de leur lit inondant rapidement une grande partie de la moitié nord du pays. Les inondations causées par la mousson, grâce aux alluvions qu'elles charrient, sont une source de bienfaits en améliorant la fertilité de la terre, mais malheureusement, par leur force et leur étendue, elles sont aussi souvent sources de destruction et de misère. Cette année, les inondations, les plus importantes depuis 1998, ont affecté les deux tiers du pays et touché 30 millions de personnes. On ne peut pas encore affirmer que ce phénomène est lié au changement climatique, cependant il semble que le cycle des moussons « excessives » se resserre de plus en plus.

 

Cette fois-ci encore, Dhaka, la capitale, a été en partie envahie par les eaux malgré les digues de protection construites depuis 1988. Bien que les « beaux quartiers » de Gulshan ou de Banani n'aient pas été épargnés, ce sont surtout les quartiers périphériques où l'on trouve de nombreux bidonvilles qui ont été affectés. Certains bâtiments publics ont servi d'abri où les familles se sont entassées. Mais ce sont dans les villages où la situation a été la plus grave. Les paysans sont restés sur le toit de leur maison attendant un problématique bateau pour venir les secourir. Ils sont souvent restés plusieurs jours sans eau potable ni nourriture. N'ayant pas d'autre choix que de boire l'eau polluée des rivières en crue, beaucoup ont souffert de maladies diarrhéiques.

 

Cette période critique a duré plus d'un mois, la décrue s'est amorcée vers la mi-août puis de fortes pluies sont arrivées de nouveau à la mi-septembre, surtout dans le nord-ouest du pays, suivies de tornades qui ont détruit les cultures qui avaient résisté jusque-là. Sur 1.300.000 hectares, les cultures maraîchères, les plantations de jute et de riz sont restées sous l'eau pendant plus d'un mois ce qui ne s'était pas vu depuis 1953. Les pertes pour l'agriculture sont énormes et par là même pour des millions de paysans qui ont tout perdu, leur maison et le revenu qu'ils attendaient de leur travail. Il n'y a pas là-bas d'assurance pour couvrir ces pertes. Le gouvernement a fait son possible pour distribuer du riz et d'autres denrées de première nécessité avec l'aide de l'armée ; mais souvent en quantité insuffisante pour répondre aux énormes besoins. Il semble que la présence de l'armée ait permis, dans l'ensemble, d'éviter que cette aide ne soit détournée. Des équipes médicales ont été envoyées dans les zones sinistrées pour distribuer des cachets pour purifier l'eau, mais les stocks ont été rapidement épuisés. L'estimation provisoire du bilan de ces inondations s'élève à 8 milliards de dollars soit 15% du produit national brut, quatre fois plus que les inondations de 1998. Les Nations Unies et la Banque Mondiale qui ont fait le bilan de ces inondations estiment qu'il faudra apporter une aide alimentaire et financière au Bangladesh pendant les prochains douze mois sinon de nombreux paysans et pauvres urbains pourraient bien se trouver en situation de famine.

 

Avez-vous entendu parler de cette tragédie sur vos médias habituels ? Probablement peu par la presse nationale alors que la presse de province a été plus attentive. Pendant cette période de vacances estivales, nous avons essayé d'alerter les donateurs dont on connaissait l'adresse électronique. Nous avons aussi tenté d'alerter la presse, mais seuls Libération et Politis ont donné l'adresse de notre site où nous avions ouvert une rubrique « inondations ».

 

Réponse de GK-Savar

Dès le commencement des inondations GK s'est mobilisé pour apporter secours aux sinistrés. Basés sur les avis des experts qui avaient prévu que la décrue se ferait dans deux semaines, ils ont commencé avec l'objectif de s'occuper de 5000 familles sur leurs fonds propres, soit 80.000 euros donné par la Fondation GK. Nous avons immédiatement répondu à leur appel et avec le soutien très généreux de plusieurs donateurs, le Comité a pu envoyer 15.000 euros (dont 4000 euros de l'Association Parcours)auxquels se sont ajoutés le soutien de nos partenaires, 3500 euros d'Emmaüs International et 5500 euros du Secours Populaire Français. Tout le personnel de GK a donné deux jours de salaire en solidarité avec les sinistrés et s'est mobilisé 24h sur 24 avec les étudiants de l'université de GK pour fabriquer des chapatis, ces crêpes de blé très nourrissantes qui ont l'avantage de se garder plusieurs jours. Des millions ont été fabriquées dans les différentes zones où GK a travaillé. GK, depuis les inondations de 1988, a été l'initiateur de ces fabriques improvisées mais bien organisées qui peuvent apporter une réponse rapide aux besoins alimentaires essentiels des sinistrés qui ont tout perdu. Les volontaires sont informés de l'importance nutritive des chapatis et sur la nécessité de se garder les ongles et les mains propres avant de commencer à travailler la pâte. GK qui a acquis une grande expérience dans ces opérations de secours sait qu'ils doivent travailler avec toutes les associations locales pour être vraiment efficace et leurs actions sont dirigées prioritairement vers les plus pauvres, les femmes chef de famille, les enfants et les personnes âgées. Au 21 août, Ils avaient distribué 4 millions de chapatis ainsi que 320.000 pains, 110.000 biscuits vitaminés et 23.000 briques de lait de soja dans 37 cantons. Ce sont 30 équipes médicales de GK qui ont traité plus de 100.000 malades souffrant de diarrhées, de pneumonie, de maladies de peau et d'infection des yeux à qui ils ont distribué gratuitement 24 sortes de médicaments essentiels fabriqués dans l'usine pharmaceutique GPL à Savar. Chaque équipe médicale était constituée d'un médecin, de 3 paramédics et de deux étudiants en médecine de l'école de médecine de GK. Ces étudiants se sont relayés tous les 7 jours afin de ne pas trop perturber leurs études et aussi d'offrir la possibilité de travailler sur le terrain au plus grand nombre. Chaque équipe a pris en charge de 2500 à 3000 familles. Par ailleurs, des tablettes de purification d'eau, des anti-diarrhéiques, des sels de réhydratation et des pommades pour maladie de peau ont été distribués à d'autres ONGs pour toucher le plus de sinistrés possible. GK s'est efforcé de distribuer du fourrage pour le bétail des plus pauvres qui, sinon, auraient été obligés de le brader à un prix dérisoire.

 

Dans un deuxième temps, l'ONG Christian Aid (équivalant du CCFD pour l'Eglise Anglicane) a été sélectionnée par le Programme Alimentaire des Nations Unies (WFP) pour la distribution d'aide alimentaire à 100.000 familles sinistrées soit près de 2000 tonnes de céréales. GK avec d'autres ONGs, a été sollicité par Christian Aid pour les aider à faire parvenir cette aide aux sinistrés sur le terrain. 65% de ces céréales ont été stockées dans deux entrepôts improvisés à Savar et sur le terrain de jeu de l'école Gonopathsala de Sirajganj. Une autre ONG a pris en charge le reste. Puis il a fallu mettre les denrées en sacs individuels pour chaque famille. Le Centre de Formation Professionnelle des femmes à Savar a fabriqué des milliers de sacs en jute frappés du logo de GK afin de limiter les détournements. Chaque sac contient 15 kg de riz, 4 kg de lentilles et 400 g de sel iodé. Pour éviter tout contestation, les pesées ont été faites sur des balances électroniques et un sac sur 10 a été repesé pour confirmation. Grâce à un bon travail d'équipe des 200 employés de GK et de 20 responsables travaillant 24h sur 24, aucune contestation n'a été possible.

 

Dans ces situations de crise, ce ne sont pas toujours ceux qui ont vraiment besoin d'aide qui la reçoivent. Il faut bien connaître la région pour les identifier avec certitude. Les femmes au Bangladesh étant habituellement laissées à l'écart des prises de décision, GK cherche à tirer profit de ces catastrophes pour donner la parole aux femmes et les impliquer le plus possible dans le contrôle des distributions d'aide. À Savar, GK a organisé d'urgence un séminaire de deux jours pour 600 femmes, membres élus des conseils municipaux, pour qu'elle aident les ONG à sélectionner avec précision les familles les plus en détresse dans leurs circonscriptions. Elles ont fait un excellent travail et donné du poids à leur rôle au sein des conseils municipaux où elles sont souvent peu respectées. Ce travail, qu'elles ont fait avec enthousiasme, a permis de limiter au maximum les détournements de l'aide par les élites locales.

 

À l'heure actuelle, la situation des travailleurs journaliers dans le nord du pays est catastrophique. Les dernières inondations de septembre ont détruit les dernières cultures de riz « aman », celui que l'on moissonne en novembre. Les familles déjà durement éprouvées, n'ont plus d'argent et plus de travail. Beaucoup sont partis à Dhaka ou dans d'autres centres urbains pour essayer de gagner quelques takas, mais étant en surnombre, il ne leur reste souvent qu'à mendier. Le repiquage du riz de la saison suivante ne se faisant que fin décembre, de nombreux journaliers pour nourrir leur famille ont dû vendre leur main d'Ïuvre à l'avance à moitié prix auprès des grands propriétaires ou emprunter à des taux prohibitifs auprès des usuriers. Beaucoup s'étaient lancé dans le micro-crédit pour acheter un rickshaw ou faire un élevage de poulet, souvent détruit par les inondations. Les remboursements se faisant à la semaine, des ONG s, qui ne font que du micro-crédit, viennent collecter avec insistance leurs remboursements. Ne pouvant rembourser et pour ne pas se faire rayer des listes des emprunteurs, ils vont chez l'usurier s'endetter un peu plus. Un véritable cauchemar ! La « Monga » c'est-à-dire la situation de famine que l'on trouve habituellement dans cette région quand il n'y a pas de travail agricole entre deux saisons de cultures, s'installe durablement. Une aide alimentaire, des soupes populaires sont indispensables pour éviter que les plus pauvres ne meurent de faim. Les équipes de GK sont à l'Ïuvre dans cette région pour distribuer l'aide alimentaire des Nations Unies.

 

La phase de réhabilitation après inondations va commencer. Il s'agit d'aider les plus pauvres à reconstruire leurs maisons, à leur distribuer des outils agricoles et des semences de céréales et de légumes. Il y a des milliers de Kms de routes, de digues, de ponts à reconstruire ce qui offrira des opportunités de « Nourriture contre travail » ( food for work) à de nombreux paysans sans terre et sans travail agricole par le Gouvernement avec l'aide financière de la Communauté internationale.

 

A-Le programmes des écoles primaires Gonopathsala

Depuis le dernier rapport, nous avons reçu peu de nouvelles intéressantes car depuis fin juin le Directeur de l'éducation, notre ami Dulal, comme les autres directeurs, a été mobilisé sur le front des inondations d'abord pour évaluer les besoins dans les zones inondées du nord puis pour organiser et surveiller la distribution de l'aide aux familles sinistrées. Les écoles Gonopathsala dans ces régions du nord du pays ne semblent pas avoir été trop touchées.

 

- L'école mahato de Tarash et le jumelage avec les écoles du Cher

 

Nous savons par Shawpawn, le coordinateur du programme d'échange culturel de l'école Mahato de Tarash, qu'il y a eu 50 à 60 cm d'eau autour de l'école qui, comme beaucoup d'autres, a été fermée pendant une semaine car les enfants ne pouvaient plus se déplacer. Beaucoup d'écoles ont en fait été réquisitionnées pour servir de refuges aux familles sinistrées. Il n'y a pas eu de dégâts matériels mais l'eau stagnante a fortement fragilisé les scellements de la structure en bambou du bâtiment de la cuisine qui pourrait s'effondrer au premier grand coup de vent. Pendant toute cette période, les repas ont été préparés sous la véranda et servis dans les classes. Le problème des effectifs semble réglé car il se maintient autour de 280 enfants.

 

Le jumelage des écoles primaires du Cher est très actif. Dix écoles primaires et trois collèges participent au projet Cher-Tarash ce qui représente 38 classes alors que deux nouvelles écoles se sont jointes au projet à la rentrée. Des animations et actions proposées par les élèves et les enseignants comme la culture et la vente de tulipes, des vide-greniers, des ventes de jouets, des ventes de crêpes pendant le carnaval ont permis de collecter de l'argent pour le repas des enfants de Tarash. Juste avant le départ en vacances d'été, les activités des écoles ont permis d'envoyer un chèque de 1326 euros à GK-Savar. L'engagement des écoles pour cette année est de 3000 euros auxquels viendront s'ajouter 3000 euros du Conseil Régional, soit presque la moitié des dépenses annuelles pour la fourniture des repas. L'autre moitié est apportée en ce moment par les donateurs du Comité. Un premier envoi de lettres et de panneaux décoratifs a été fait en janvier, emporté par un ami du Comité, Bernard Arthus, qui a visité l'école et séjourné plusieurs jours dans le village de Neemgachi, proche de l'école. Un autre envoi a été fait par la poste le 15 mai et un dernier envoi le 15 juillet. Ces deux derniers sont bien arrivés. Dans l'autre sens, deux envois ont été faits par les enfants de Tarash, le premier ramené par Bernard Arthus, et le second reçu à la mi-septembre à Bourges. L'OCCE du Cher a publié son 6e bulletin sur « Cher-Tarash » fin septembre et a pu y inclure les dernières nouvelles de GK sur les inondations. Vous pouvez consulter le site Internet Cher-Tarash à l'adresse suivante : www.occe.net/cher-tarash

Pour le 15e anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant, l'OCCE a mis en place du 15 au 19 novembre une exposition sur les jeux et jouets du monde pour illustrer l'article 31 « le droit aux loisirs » et en particulier des jeux et jouets du Bangladesh. Cette exposition s'est tenue au Centre Départemental de Documentation Pédagogique de Bourges où 19 classes ont été accueillies pendant cette semaine.

 

Shawpawn doit arriver en France début décembre et visiter les écoles du Cher les 9 et 10 décembre. Il apportera le dernier envoi des enfants de Tarash pour leurs amis des écoles du Cher. Cette rencontre devrait permettre aux enfants du Cher de mieux connaître encore les toutes dernières nouvelles des enfants mahatos et de resserrer les liens qui les unissent. Les nouvelles écoles du Cher qui se lancent dans ce programme auront ainsi l'occasion inespérée d'établir un contact direct avec cet ami du Bangladesh. très conscient de l'enrichissement mutuel que ce programme d'échange culturel. apporte aux enfants ici et là-bas.

 

B- L'arsenic et le programme des puits

Pendant cette grave période d'inondations, beaucoup de puits tubés ont été pollués par l'infiltration des eaux et donc rendus inutilisables. Paradoxalement, c'est à cause de cette surabondance d'eau partout que les populations ont le plus souffert du manque d'eau potable. N'ayant rien pour faire bouillir l'eau, seules les distributions de cachets de permanganate de potasse pour traiter l'eau ont permis dans une certaine mesure d'éviter une explosion des diarrhées et du choléra. Il y a eu de très nombreux cas de dysenterie mais peu de décès.

Les 9 puits ouverts que nous avons fait construire par GK dans le village d'Ahmedpur n'ont pas été pollués par les inondations car les margelles sont à près d'un mètre au-dessus du sol. Ils ont été très utiles à la population. Nos deux « protégées », Asmah et Nasmah, ont été de nouveau hospitalisées à l'hôpital de GK en octobre car leur santé s'était dégradée. Asmah qui a 15 ans ne pèse plus que 27 kg et souffre toujours de difficultés respiratoires. Il a fallu la garder sous oxygène pour la soulager. Nous attendons les résultats des examens qu'elle a subis.

 

Le film documentaire sur le problème de l'arsenic au Bangladesh de notre ami Amirul Arham, a récemment été accepté par FR3/la 5 et plusieurs télévisions européennes. Il repart prochainement au Bangladesh pour tourner quelques séquences complémentaires, en particulier avec une équipe de biologistes indiens qui ont confirmé l'efficacité d'arsenicum album pour la désintoxication de l'arsenic chez les souris. Ils ont commencé depuis plusieurs mois un essai de traitement par arsenicum album sur des volontaires qui semble déjà très prometteur.

 

Chers amis, nous vous joignons un bon de commande pour le magnifique livre que Paul Kohler vient de publier sur Le Bangladesh. Pour vous qui soutenez les programmes de GK en faveur des femmes, des enfants et des familles les plus pauvres, qu'ils soient bengalis de la plaine ou tribaux des collines, vous ne pourrez oublier ces merveilleux visages, lisses des enfants ou creusés de rides des adultes. Le bénéfice de 16 euros par livre nous sera entièrement reversé par l'association Parcours, qui a aussi généreusement soutenu cet été les opérations de secours aux sinistrés de GK. Ce livre peut être un très beau cadeau de Noël.

 

Avec l'année qui se termine bientôt, c'est le moment de vous dire encore merci, pour votre générosité, votre fidélité, votre profonde solidarité avec ces populations pauvres du Bangladesh, qui vivent sur une terre constamment menacée par la nature et dans une société injuste et corrompue, où la lutte intense et cruelle pour une simple survie contraste avec la paix et l'harmonie que les vertes et paisibles rizières semblent promettre à chacun.

 

Nous vous souhaitons de chaleureuses et fraternelles Fêtes de fin d'Année. Joyeux Noël et très Bonne Année 2005!

 

Très cordialement à tous

 

Lucien Bigeault

Président du Comité

Nous vous rappelons que 3 films de Joy Banerjee sur GK-Savar sont réunis maintenant sur une seule cassette VHS de 120 minutes. Pour 15 euros (port compris) vous pourrez voir « Les chemins d'une autre médecine », « Mohila, femmes du Bangladesh » et « Gonopathsala 10 jours dans une école du Bangladesh ». À diffuser autour de vous, pour vos amis, pour vos écoles, sans modération !

Pour nos amis imposables sur le revenu, n'oubliez pas que 60% du montant de votre don sera déduit de vos impôts dans la limite de 20% de votre revenu imposable. Tous les chèques doivent être libellés à l'ordre du Comité Français de Soutien à GK-Savar et envoyés à l'adresse du Comité quelqu'en soit le montant. Vous recevrez très rapidement le reçu fiscal correspondant à votre don. Merci d'avance pour votre fidèle générosité.

 

 


Rapport du 29 juin 2004 retour

Chers Amis du Comité,

 

Vous n'avez certainement pas entendu parler du Bangladesh dans vos médias cette année. En effet, il n'y a pas eu de catastrophes naturelles majeures dans ce pays depuis quelques années et donc personne ne s'intéresse vraiment au sort de ses 146 millions d'habitants qui y vivent mais surtout qui y survivent pour la majorité d'entre eux. Au Bangladesh, il n'y a pas assez de pétrole pour qu'on en parle sérieusement, pas de guerre civile déclarée et pas de famine criante, donc tout semble aller pour le mieux.

La vérité n'est pas aussi simple. Deux femmes, Kaleda Zia, présidente du BNP et Sheik Hassina, présidente de la Ligue Awami, se disputent toujours âprement le pouvoir. La première est Premier Ministre en exercice, élue "démocratiquement" en octobre 2001, remplaçant la deuxième, élue non moins « démocratiquement », cinq ans auparavant. Chacune à son tour s'est assuré du soutien de quatre petits partis islamistes dont le, Jamaat-i-Islami, qui jouent les arbitres à chaque élection. Sheik Hassina a accusé le BNP d'avoir gagné les élections grâce à des fraudes électorales, et donc les députés de la Ligue Awami boycottent les sessions du Parlement depuis les élections. ! L'opposition se manifeste surtout dans la rue, organisant des journées de « hartals », grève générale imposée par la force, qui paralysent la vie sociale et économique du pays. La population n'en peut plus de ces luttes stériles qui ruinent ce pays un peu plus chaque jour.

Dans ce pays musulman à 85%, mais dont l'islam a été jusqu'ici réputé tolérant, les guerres d'Afghanistan et d'Irak ont donné aux petits partis islamistes des raisons de faire parler d'eux. Certains annoncent ouvertement qu'ils veulent faire du Bangladesh un pays taliban. La CIA soupçonne l'existence de camps d'entraînement ou de refuges pour des talibans afghans dans des écoles coraniques ou des mosquées isolées. Une très importante cargaison d'armes a été saisie récemment dans le port de Chittagong par la police nationale, alors que celle-ci était déchargée avec la complicité de la police locale, mais ses destinataires n'ont toujours pas été identifiés. La violence politique est à son comble. Des « dirigeants » locaux des deux partis sont régulièrement assassinés par des hommes de main qu'on ne retrouve jamais, mais des journalistes et des écrivains sont aussi les victimes d'actes criminels.!. Récemment, Sheik Hassina a exigé solennellement la démission au 30 avril dernier de Kaleda Zia et de son gouvernement à mi-mandat pour incompétence et corruption, faisant pression par des défilés monstres, et les incontournables jours de « hartals' . La police a arrêté 15.000 militants de la ligue Awami alors que ses responsables étaient obligés de se cacher. La démocratie demande vraiment un long apprentissage !

Pendant que les militants actifs des deux partis s'affrontent, la population en subit le contrecoup. Les investisseurs étrangers répugnent à investir dans un pays où règne un tel état d'insécurité et de corruption. La privatisation des usines de jute et des sucreries, demandées par le FMI, est une catastrophe, car depuis, la plupart ont fait faillite, mettant de nombreux travailleurs au chômage. En janvier 2005, avec la fin de l'Accord multifibres, ce sera la suppression des « quotas » pour les industries de confection qui n'auront plus de protection face à la concurrence d'autres pays comme la Chine ou certains pays africains où le coût de la main d'Ïuvre sera encore plus compétitif. Au Bangladesh, il y a 3350 usines de confection travaillant pour l'exportation vers les USA et l'Europe, employant 1.400.000 femmes et 280.000 hommes qui sont souvent à la merci de leurs employeurs, n'ayant aucune organisation syndicale pour les défendre. Les salaires sont en moyenne de 930 takas par mois (13 euros ) et une heure supplémentaire est payée 8 takas soit 10 centimes d'euros ! Des centaines de milliers d'emplois vont probablement être supprimés, frappant directement ces jeunes femmes qui ont fuit les villages où il n'y avait aucun emploi pour elles, pour venir en ville, à Dhaka ou à Chittagong, dans l'espoir d'un salaire régulier bien que médiocre.

La Banque Mondiale, l'Union Européenne, les Pays Scandinaves, l'Australie, le Japon financent des programmes gouvernementaux de santé publique, de lutte contre la malnutrition ou d'éducation primaire. Cependant, il faut souvent plusieurs années avant que ces programmes voient le jour et l'on ne retrouve pas toujours les fonds qui devaient y être consacrés. Les donateurs, déçus par l'inefficacité et la corruption des services publics, exigent maintenant que ces programmes soient transférés aux ONGs locales, comme GK, qui ont fait la preuve de leur savoir-faire et de leur honnêteté. Autre exemple : onze mille centres de santé villageois ont été construits par l'ancien gouvernement et à peine 10% ont été mis en service par le nouveau gouvernement, prétextant que les constructions étaient défectueuses. Ces centres, qui doivent couvrir chacun les besoins d'une population de 6000 personnes, vont être progressivement transférés à des ONGs. Plusieurs dizaines de ces centres de santé villageois devraient être donnés à GK, leurs frais de fonctionnement étant fournis par le gouvernementÉ.c'est-à-dire la Banque Mondiale !

 

Mais, que se passe t-il à GK-Savar ?

Depuis le dernier rapport de décembre, des nouvelles fraîches nous sont parvenues grâce à notre ami Tom Crick, responsable Asie de notre partenaire One World Action, qui a passé deux semaines en janvier dans le district de Bandarban pour voir de près le programme Gonopathsala pour les enfants des tribus. Un ami du Comité, Bernard Arthus, a visité l'école de Tarash en janvier. En janvier aussi, le Docteur Bernadette Poisson, qui fait des recherches sur les médecines traditionnelles, a participé à des ateliers organisés par GK à Tanchi avec des guérisseurs locaux. En Février, c'est le Professeur Claude Quemoun, docteur homéopathe et de son équipe qui ont passé une semaine à Savar et à Ahmedpur pour faire le point sur les malades de l'arsenic et l'organisation de recherche d'un traitement par l'homéopathie.

A-Programme Gonopathsala

Les écoles Gonopathsala sont présentes dans 19 upazilas (cantons) de 12 districts (départements). Elles sont au nombre de 47 dont 7 dans des abris anti-cyclone, 9 dans des régions sujettes aux inondations, 3 dans les zones tribales du nord et 27 dans les zones tribales du sud-est (Chittagong Hill Tracks ou CHT). Elles accueillent au total 6122 enfants dont 3155 filles soit 52% du total. Les enseignantes sont au nombre de 215 dont 69 d'origine tribale. Le nombre d'enfants par institutrice est de 39, sauf pour les écoles tribales du sud-est (CHT) où il est de 14.

Ces écoles couvrent un total de 175 villages dont 79 sont situés dans les zones tribales (24 au nord et 55 dans les CHT/District de Bandarban.

Sans compter les écoles tribales des CHT, il y a eu 56 abandons en cours d'année dont 21 filles. Le pourcentage des classes qui ont réellement été faites est globalement de 98%, ce qui est un taux remarquable de présence des enseignantes en comparaison du taux médiocre des écoles publiques.

1- Les écoles Gonopathsala du District de Bandarban

Ce programme d'éducation primaire pour les enfants des tribus du canton de Tanchi, dans le district de Bandarban, est maintenant bien établi et il s'est élargi aux soins de santé primaires, à la sécurité alimentaire, à l'accès à l'eau potable, à la construction de latrines et aux médecines traditionnelles. Depuis trois ans, Dulal, le directeur de l'éducation, s'est dépensé sans compter pour mener à bien ce projet dans cette région très reculée sans moyen de communication autre que la rivière et la marche à pied, difficile et exténuante dans ces collines escarpées.

La construction des écoles

GK a construit 17 nouvelles écoles dont 4 sont encore en cours de finition. De plus, GK utilise 8 écoles qui lui ont été données par le Conseil Scolaire du District de Bandarban et a réhabilité deux écoles primaires publiques qui étaient abandonnées et a prêté quatre enseignantes. Il y a donc, au total, 27 écoles Gonopathsala dans le district de Bandarban. Les nouvelles écoles sont construites sur le modèle des maisons des villages tribaux, les seules différences concernent le toit en tôle ondulée au lieu de chaume et le plancher en bois au lieu des nattes de bambou. L'espace sous l'école est cimenté et pourra servir aux réunions communautaires.

Les difficultés ont été nombreuses. Les communautés villageoises ont donné la terre, mais il a fallu attendre l'accord de tous les membres pour pouvoir en disposer. Les tribaux ont aussi fourni le bois de construction, mais comme ils ne possédaient pas les outils pour débiter les troncs, il a fallu faire appel à des équipes de scieurs de long bengalies et dans ces équipes, quand un membre devait quitter le chantier pour aller s'occuper de sa famille, tout s'arrêtait. La rivière Sanghu a facilité le transport des tôles ondulées sur des pirogues. Pendant la mousson, la paisible rivière se transforme en torrent et devient très dangereuse, aussi des pirogues ont chaviré et des cargaisons de tôles ont été perdues. Il y a aussi le problème de l'argent liquide, car comme partout, les gens de la région ne commencent à travailler que s'ils ont reçu des arrhes en liquide. Le transport de fonds de Bandarban à Tanchi ne se faisant qu'une fois par mois sous escorte militaire, l'agence de la Sonali Bank à Tanchi n'avait jamais assez de liquidités disponibles quand GK en avait besoin. Tout cela pour expliquer les trois années qu'il a fallu attendre pour que toutes ces écoles perdues dans ces hautes collines couvertes de jungle, résonnent des cris des enfants. Cependant, cela fait plus de deux ans que les institutrices sont sur place et qu'elles se sont débrouillées pour faire la classe sous un grand arbre ou sous l'auvent d'un temple bouddhiste. Tout ce temps n'a donc pas été perdu, car n'ayant pas à s'occuper des problèmes matériels et étant prises en charge par le village, elles ont pu trouver le temps de mobiliser et d'impliquer en profondeur les communautés. !

Chaque école a maintenant reçu son mobilier, des tables rondes en teck qu'il a fallu amener en pirogue depuis Tanchi, ainsi que les livres scolaires et le stock de médicaments. Il y a aussi un distributeur d'eau filtrée qui a été installé dans la salle de classe ou dans le logement des enseignantes, qui ont permis à celles-ci d'éviter de sérieux problèmes de santé.

Les enfants

Les 27 écoles tribales reçoivent 532 enfants dont 47% de filles originaires de 55 villages, soit une vingtaine d'enfants par école pour les classes 1 et 2 (CP et CE1). Il y a eu l'année dernière 35 abandons dont 24 filles. La raison en est que les filles doivent aider les parents dans l'agriculture, ou faire les travaux domestiques ou garder les plus petits quand les parents partent dans les collines pour s'occuper de leurs champs. La tradition veut aussi que l'on marie les filles très tôt et donc que l'on n'envoie pas les adolescentes à l'école.

Certains enfants viennent à pied de villages éloignés, mais, pendant la mousson, cela devient impossible. Pour pallier à ce problème, huit écoles vont recevoir une pièce supplémentaire où l'on pourra loger 20 ou 30 d'enfants qui seront pris en charge par le gardien de l'école. C'est au total 145 enfants de différentes tribus qui seront accueillis dans ces écoles Gonopathsala, principalement dans des villages marmas. Comme ils viennent de familles très pauvres, nous avons accepté, à la demande de Dulal, de couvrir 5O% du coût des frais de nourriture de ces enfants soit 3000 euros. C'est la seule possibilité pour eux de suivre le cycle scolaire sans interruption.

Les enseignantes

Il y a deux enseignants par école, soit au total 53 filles et 1 homme, tous originaires des tribus. Tom Crick, qui a visité la région plusieurs fois, a trouvé que la motivation et l'engagement des enseignantes étaient certainement un des atouts majeurs de ce programme. Il a constaté qu'elles étaient plus matures, plus confiantes par rapport à l'année dernière. Toutes semblaient à l'aise dans leur rôle et prendre plaisir à leurs nouvelles responsabilités. Pour améliorer leurs connaissances, GK vient d'éditer un manuel de 150 pages qui sera la référence pour la formation permanente des institutrices.

La Santé et les écoles

Des groupes de 4 ou 5 écoles ont été formés et chaque groupe est servi par une paramédic confirmée, originaire des tribus. L'équipe de 8 paramédics est basée au Centre GK de Tanchi. Elles font des tournées régulières dans les écoles et les villages environnants où elles donnent des consultations, distribuent des médicaments et donnent des conseils de prévention. Elles sont très populaires auprès des villageois. En plus des 8 paramédics, dix enseignantes ont reçu une formation accélérée de paramédic de trois mois, qui les rendent plus efficaces dans leur environnement villageois . La malaria étant endémique dans cette région, les paramédics doivent convaincre les villageois d'utiliser les moustiquaires imprégnées qui leur ont été distribuées afin de réduire la mortalité infantile importante causée par cette maladie. Dulal et son équipe ont fait des crises sérieuses de paludisme et un technicien et une institutrice n'ont été sauvés de la mort qu'en étant transportés à l'hôpital GK de Dhaka.

Eau potable et assainissement

GK a décidé d'équiper, dans un premier temps, 20 villages pour qu'ils aient un accès permanent à de l'eau potable ainsi qu'à des latrines. Chaque village devra décider du moyen le mieux adapté à sa situation. GK a déjà installé quatre latrines par école, deux pour l'école, une pour le logement des enseignantes et une dans le village. Évidemment, ce n'est pas suffisant pour le village, aussi dans un deuxième temps GK installera plusieurs blocs de six latrines par village. Cela fait longtemps que les villageois attendaient ces mesures qui réduiront grandement les maladies transmises par l'eau qui sont la cause de nombreuses journées de travail perdues à se soigner ou à soigner les membres de la famille.

Complément nutritionnel

Vous vous rappelez peut-être que l'année dernière nous avions financé la fourniture de 36 tonnes d'aliments proteinés fabriqués par GK pour distribuer à des adultes et à des d'enfants menacés de famine dans la région au nord de Tanchi, très difficile d'accès. Presque tous les enfants en ont reçu sauf, hélas, ceux vraiment trop éloignés. Tom Crick qui a visité ces villages a été frappé de constater que partout où ces aliments avaient été distribués les enfants étaient beaucoup plus vifs et attentifs en comparaison de ceux qui n'avaient encore rien reçu et qui n'arrivaient pas à rester concentrés très longtemps. Dulal nous a demandé de poursuivre ce programme à destination des enfants une année supplémentaire car il a été prouvé que c'était très important pour améliorer la santé physique et mentale de ces enfants en état de malnutrition chronique.

Promotion des langues indigènes

Il y a 13 groupes ethniques différents vivant dans les CHT dont six dans le canton de Tanchi, le plus au sud. Ce sont les Marmas, les Murongs, Les Tripuras, les Khumis, les Kheyangs, les Chakmas et les Boms. Malgré les promesses faites dans l'Accord de Paix de 1996, aucun effort n'a été fait par le gouvernement pour la promotion des langues indigènes dans l'éducation primaire des CHT. GK a fait une enquête auprès de 825 familles pour mieux connaître leur attitude sur les langues indigènes. Presque tous peuvent parler leur langue maternelle, mais parmi les groupes ethniques qui ont un alphabet, très peu savent lire et écrire. Pour eux, les langues maternelles sont essentielles pour diverses raisons :

1-sans elles, il n'est pas possible de conserver leur histoire, leur culture, leurs légendes

2- Les jeunes générations apprennent le bengali à l'école, écoutent les chansons bengalies à la radio ou regardent des programmes TV en bengali. De plus le Marma, est devenu la langue indigène dominante à Tanchi, donc les langues indigènes des autres minorités ethniques sont en voie d'extinction.

3-les connaissances précieuses sur les plantes médicinales et les médicaments à base de plantes disparaissent avec l'extinction des langues maternelles.

4-les gens des tribus sont aussi conscients qu'il faut que leurs enfants apprennent également le bengali pour qu'ils ne soient pas isolés des autres enfants du Bangladesh.

Les 4 et 5 décembre dernier, GK a organisé un séminaire dans le département de linguistique de son université à Savar. Ils ont réuni des représentants des tribus Marmas, Tripuras, Khumi et Murong, pour échanger avec eux sur la possibilité de publier des livres scolaires dans leurs langues respectives et d'en faire des matières supplémentaires pour les écoles Gonopathsala. L'objectif à plus long terme est de convaincre le ministère de l'éducation d'introduire ces langues dans le curriculum officiel de l'éducation primaire. Les Murongs qui n'avaient pas d'alphabet en ont inventé un ainsi que des fontes d'ordinateur correspondantes. Ils peuvent maintenant garder trace des richesses culturelles de leur tribu. Ce même alphabet a été repris par les Khumis. Ce que les Murongs ont fait d'autres minorités ethniques pourraient aussi le faire. Des livres scolaires en murong seront bientôt disponibles pour Gonopathsala. Le marma est la langue ethnique dominante de la région. Leur alphabet est semblable à l'alphabet birman et un programme d'ordinateur a été mis au point qui permet d'imprimer des livres en marma. Deux membres de l'équipe de GK originaires de la tribu marma ont écrit des livres scolaires en marmas pour les écoles Gonopathsala.

Le travail d'intégration des différentes langues indigènes dans le programme d'éducation primaire de Gonopathsala, qui paraissait utopique à son début, commence à prendre forme et servira d'exemple aux autorités locales pour leur introduction dans le programme officiel. Ce fut un dur travail pour Dulal et son équipe, qui ont toute notre admiration.

Développement des médecines traditionnelles

En ce qui concerne les connaissances des médecines traditionnelles locales, GK a organisé en janvier dernier cinq ateliers impliquant 36 villages pour collecter des informations sur les plantes médicinales utilisées par les guérisseurs locaux. Ces ateliers ont rassemblé 120 personnes dont 46 femmes des tribus. Notre amie, le Dr Bernadette Poisson, accompagnée de deux guérisseurs chakmas de Tulaban (Rangamati) avec lesquels elle travaille depuis plusieurs années, a été invitée par le Dr Monzoor Kadir, expert botaniste de GK, à participer à ces ateliers. Au cours de ceux-ci, 83 « bouddayas » ou guérisseurs ont décrit 75 maladies qu'ils soignent avec 131 plantes médicinales. Monzoor Kadir, le botaniste, a fait provision de feuilles, fleurs et fruits de ces plantes ainsi que de leurs noms locaux pour identifier leurs principes actifs et leur correspondance avec les noms bengalis et latins.

GK va entreprendre le recensement de tous les guérisseurs de la région de Tanchi et soutenir la création d'une « association des guérisseurs de Tanchi». Celle-ci organisera six ateliers par an pour un échange de connaissances sur certaines plantes et leur utilisation thérapeutique. Des recherches sur leur efficacité face aux médicaments modernes seront entreprises par l'université de GK. Cette « association des guérisseurs » épaulera GK dans la création de jardins de plantes médicinales dans les villages. C'est urgent car la déforestation des forêts primaires pour faire place à des cultures industrielles comme l'hévéa ou le teck, réduit un peu plus chaque jour la diversité biologique et entraîne la disparition de plantes précieuses pour la pharmacopée locale. Le projet est d'installer dans certains villages des pharmacies avec des médicaments locaux à base de plantes. Ces connaissances préservées seront ensuite introduites auprès des enfants des tribus dans le curriculum des écoles Gonopathsala. L'association des guérisseurs de Tanchi pourra travailler en réseau avec d'autres groupes de guérisseurs des CHT et éventuellement avec d'autres groupes de par le monde travaillant sur les plantes médicinales. Les enseignantes des écoles tribales Gonopathsala recevront une formation spécifique sur la culture, la préservation et l'utilisation des plantes médicinales. La présence des deux guérisseurs chakmas amenés par Bernadette Poisson, eux-mêmes membres du Centre de Recherche sur la médecine par les plantes de Tulaban, a fortement encouragé les guérisseurs locaux à s'organiser.

Ce travail de GK, qui allie la connaissance des langues indigènes et des pratiques des médecines traditionnelles, est très important pour les minorités tribales de Tanchi. Il les encourage à mieux connaître et valoriser leurs propres richesses culturelles et à les préserver pour les générations futures.

2- L'école mahato de Tarash et le jumelage avec les écoles primaires du Cher

Depuis notre visite de l'école en novembre dernier, il y a eu quelques améliorations. La cuisine a été équipée et des latrines ont été construites près de l'école. Des petits potagers, un par classe, ont été démarrés par les élèves, malheureusement, la clôture en barbelés si elle peut arrêter les vaches errantes, ne peut rien contre les moutons ou les chèvres qui se glissent dans les interstices et viennent ravager les plantations. Il faudrait doubler les barbelés d'une clôture en bambous, car les enfants vont vite se fatiguer de voir leurs légumes disparaître ainsi.

Quatre cuisinières ont été recrutées par Shawpawn et le Conseil d'école. Depuis le 15 février, les enfants reçoivent à midi un repas complet chaud. Chaque semaine ils reçoivent une fois du poulet, une fois du mouton, une fois du poisson, une fois du hotchpot (pâte d'un mélange de riz, légumes, lentilles épices), une fois des Ïufs durs, une fois des légumes plus un verre de lait trois fois par semaine. Le riz, les lentilles et les chapatis viennent en complément des protéines animales. Les mahatos ne mangent pas de bÏuf car ils sont de religion hindouiste.

La gestion très sérieuse des achats par Shawpawn et les membres du Conseil d'école a permis d'atteindre un prix de 9.8 takas soit 13 centimes d'euros par repas tous frais payés au lieu des 20 centimes d'euros budgétés.

Depuis le 15 avril, date de la rentrée scolaire, les effectifs qui étaient de 373 en novembre ont sensiblement chuté. Une des raisons majeures a été le retard considérable pris par le Ministère de l'Education pour la distribution des livres scolaires. Les écoles publiques ont été servies en premier et l'école de Tarash, école privée d'une tribu hindouiste, semble avoir été oubliée. Les livres viennent tout juste d'être reçus, aussi certains d'enfants, entre temps, ont été envoyés par leurs parents dans d'autres écoles ou gardés à la maison pour les travaux domestiques. Autre raison ce mois-ci, de nombreux arbres fruitiers viennent à maturité, mangue, jaquiers, etc..., aussi beaucoup d'enfants vont marauder pour

revendre ces fruits sur les marchés. Shawpawn et le Conseil d'école battent la campagne pour récupérer les enfants. Les enseignantes de leur côté vont visiter les familles tous les soirs pour les motiver à envoyer de nouveau leurs enfants à l'école. L'attrait du repas chaud servi à midi, pourtant très apprécié par les enfants, ne semble pas suffisant pour les faire retourner massivement à l'école, car seulement 35 d'entre eux sont revenus à ce jour. Le problème qui se pose c'est que si les effectifs restaient insuffisants, une ou deux enseignantes devraient être transférées dans une autre école. Ce serait vraiment dommage !

Le jumelage des écoles primaires du Cher est très actif. Dix écoles primaires et trois collèges participent au projet Cher-Tarash ce qui représente trente huit classes alors que deux nouvelles écoles vont se joindre au projet à la rentrée prochaine. Des animations et actions proposées par les élèves et les enseignants, comme la culture et la vente de tulipes, des vide-greniers, des ventes de jouets à Noël, des ventes de crêpes pendant le carnaval, des tombolas ont permis de collecter de l'argent pour le repas de Tarash. L'engagement des écoles pour cette année est de 3000 euros auxquels viendront s'ajouter 3000 euros du Conseil Régional. Un premier envoi de lettres, panneaux décoratifs a été facilité par la visite de notre ami Bernard Arthus à Tarash en janvier. Un autre envoi a été fait le 15 mai par la poste et un dernier envoi sera fait au 15 juillet.

B-Le Problème de l'arsenic et le programme de puits ouverts avec GK.

Le 13 juin dernier, le Ministre du développement rural et des coopératives, Mr Abdul Manan Bhuiyan, a déclaré devant le Parlement qu'il y avait maintenant 80 millions de personnes au Bangladesh exposées au risque d'une contamination de l'eau potable par l'arsenic, soit 54% de la population. Ce fléau concernerait 271 upazilas (cantons) sur 463 et 59 districts (départements) sur les 64 que compte le pays. Le chiffre, que ce Ministre avait donné, il y a près de dix ans, était de 50 millions de personnes, ce qui représentait déjà 60% de toutes les populations exposées à ce risque dans le monde. Aucun expert ne peut dire sérieusement si ces chiffres sont exacts et il est possible que l'objectif n'est d'autre que d'attirer des fonds internationaux. Cela ne veut pas dire aussi que toutes ces personnes souffrent de symptômes liés à l'empoisonnement par l'arsenic. Cependant il est certain que si aucune mesure n'est prise pour leur apporter de façon durable, par des moyens fiables de l'eau de boisson sans arsenic, ces personnes risquent, à plus ou moins long terme et selon leur état de santé, de développer des maladies de peau et des cancers graves. Le même Ministre a annoncé que le Gouvernement, avec l'aide d'ONGs internationales, avait lancé 14 projets, dont des usines de traitement d'eau, des puits tubés très profonds. Il faudra, malheureusement, quelques années pour que tous ces projets voient le jour. De plus, en ce qui concerne le chiffre des malades gravement empoisonnés par l'arsenic personne ne le connaît réellement car les villageois souffrent et meurent sans toujours consulter un médecin ou aller à l'hôpital. Le seul traitement préventif disponible est donc la fourniture d'eau de boisson sans arsenic à un maximum de gens dans les zones rurales.

À notre modeste niveau, nous avons lancé, avec l'aide de GK, notre projet de puits ouverts dans les villages autour de la localité d'Ahmedpur. Comme nous vous l'avions expliqué dans le rapport de décembre, c'est là que nous avions rencontré en novembre Asmah et Nasmah, ces deux adolescentes gravement atteintes par l'arsenic. Nous les avions connues par l'intermédiaire de notre ami réalisateur de cinéma bangladais, Amirul Arham, qui a inclus leur histoire dans son film sur l'arsenic au Bangladesh.

En ce qui concerne le traitement possible des maladies liées à l'arsenic par des dilutions homéopathiques d'Arsenicum Album, nous avions contacté en octobre dernier le Professeur Claude Quemoun, médecin homéopathe et directeur des Laboratoires Homéopathiques Rocal à Paris. Nous l'avions déjà contacté il y a quinze ans pour un projet homéopathique avec GK qui n'a pas abouti faute d'argent.Depuis Il est resté très sensible aux problèmes de santé du Bangladesh. Il a tout de suite donné son accord pour s'impliquer dans cette recherche d'un traitement homéopathique qui pourrait déboucher sur un laboratoire de fabrication de ce produit à GK Savar. En Février, il a fait une courte mission d'investigation d'une semaine, accompagné de deux autres médecins homéopathes et d'un photographe professionnel. Cette équipe était « chaperonnée » par notre ami Amirul Arham, qui avait pour tâche de faciliter les échanges avec la population du village d'Ahmedpur qu'il connaissait bien pour y avoir déjà séjourné pour le tournage de son film. Ce dernier en a profité pour emmener du matériel de prise de vue et un caméraman pour terminer les prises de vues de son film et y inclure l'équipe française d'homéopathes au travail avec les malades d'Ahmedpur ainsi que quelques images sur notre programme de puits ouverts. Il faut, paraît-il, que des Français soient impliqués sur le terrain pour que les télévisions françaises s'intéressent à ce sujet.

Dans ce village, ils ont voulu retrouver Asmah et Nasmah, malheureusement Asmah était hospitalisée à Dhaka, sous oxygène, avec une sérieuse insuffisance respiratoire et des douleurs dans la poitrine. Le père des deux jeunes filles, Abdul Khalifa, est lui-même gravement malade, mais il se bat courageusement, continuant à coudre des vêtements et à les vendre sur les marchés. Mais son regard est triste et comme absent. De nombreux malades ont été examinés dans ce village, la plupart avec des signes visibles d'empoisonnement par l'arsenic, tâches noires et blanches sur la peau, hyperkératoses sur la paume des mains ou des pieds. Tous les membres de l'équipe ont été secoués devant le nombre des malades et Gilles Quemoun, le photographe, a ramené de nombreuses photos témoignant de la gravité de leurs symptômes. Il reste à mettre au point et lancer cette recherche sur l'efficacité d'arsenicum album à draîner dans les urines l'arsenic stocké dans les organes des malades. Il est cependant certain que l'homéopathie ne pourra pas guérir les tumeurs cancéreuses déclarées. Le Professeur Claude Quemoun est prêt à fournir le traitement à prix coûtant en attendant la fabrication sur place, dès que le Dr Zafrullah Chowdhury aura mis au point les structures de ce test scientifique qui concernera un millier de malades.

Le programme de puits ouverts est vraiment lancé. Neuf puits sont déjà en fonctionnement à Ahmedpur, dont un tout près de la maison d'Asmah et Nasmah. Une dizaine d'autres puits devraient être terminés avant l'arrivée de la mousson. Ils ont été creusés suffisamment profond pour qu'il y ait de l'eau pendant toute la saison sèche. Chaque puit revient à environ 400 euros. Le positionnement des puits a été établi en coordination avec les villageois afin de servir le maximum de familles. Des comités de gestion seront formés, avec une femme à leur tête, afin d'assurer l'utilisation équitable des puits et de collecter les cotisations qui devront couvrir les frais d'entretien du puit et des analyses biologiques de l'eau, soit environ 800 takas par an. Les paramédics du centre GK de Kasinathpur assureront un contrôle régulier de l'utilisation des puits. Une deuxième tranche de 15 puits ouverts sera mise en place autour de Shibganj où se trouve un des centres GK au nord-Ouest du Bangladesh, près de la frontière indienne où le nombre des malades de l'arsenic est très important.

( voir le rapport de décembre 2003 et la page « arsenic » sur le site internet du Comité sur l'importance des puits ouverts)

 

C-Autres nouvelles de GK-Savar

1-l'école de conduite pour femmes de Cox's Bazar

Le nouveau cycle de formation d'une vingtaine de stagiaires doit commencer ce mois-ci, c'est-à-dire avec un an de retard. Il semble que GK ait eu des difficultés à trouver des candidates. Il faut, en effet, des femmes d'une trempe particulière pour se lancer dans cet apprentissage et exercer ensuite leur métier dans l'environnement très machiste qui règne au Bangladesh. Ce qui est très intéressant c'est que, parmi les nouvelles candidates, on trouve six jeunes filles originaires de la tribu Marma.

2- Compétition culturelle et sportive des écoles Gonpathsala à Savar

Les 8/9 et 10 mai, GK a organisé pour la première fois à Savar une compétition sportive et Culturelle entre tous les enfants des écoles Gonopathsalas. Plus de 500 enfants avec leurs parents sont venus à Savar, dont de nombreux enfants et parents des tribus originaires du nord et du sud-est. Pour la majorité d'entre eux, c'était la première fois qu'ils quittaient leur village. Ce fut certainement un très grand événement qu'ils ne seront pas prêts d'oublier.

3- Activités des amis du Comité.

- L'équipe de Saint Mathurin a organisé le 21 juin 2003 un concert de musique ancienne avec le Conservatoire National d'Angers puis le 22 septembre une soirée sur le thème des « Peuples Oubliés » avec des membres de la diaspora Chakma vivant en France.

- Bernard Arthus a organisé une semaine d'information sur le Bangladesh dans sa ville d'Andrézieux-Bouthéon, près de St Etienne. Nous avons tenu un stand d'information du Comité et 4 films sur GK ont été projetés en présence de Joy Banerjee, leur réalisateur. La municipalité a acheté des copies des films pour les mettre à disposition dans la médiathèque municipale.

D-Rapport financier

Au 1er janvier 2003 il restait 37791 euros à distribuer auxquels se sont ajoutés 71651 euros de dons reçus en cours d'année 2003 soit un total de 109307 euros. Il a été transféré à GK un total de 44500 euros, soit 6500 euros pour les deux internats Murongs de Tanchi, 15000 euros pour le travail dans les bidonvilles du Programme de Santé Urbain à Dhaka et 8000 euros pour le programme du repas de midi des enfants mahatos de Tarash. Pour ce dernier programme 1400 euros proviennent des collectes effectuées par les enfants des écoles primaires du Cher. Nos dépenses de fonctionnement se sont élevées à 1445 euros soit 2% des dons reçus. Les frais de recherche et de fidélisation des donateurs s'élèvent à 4330 euros soit 6% des dons reçus, essentiellement pour les photocopies et les affranchissements des deux rapport annuels envoyés à 1200 exemplaires.

Nous avons commencé l'année 2004 avec 59000 euros et le budget prévisionnel avril 2004/avril 2005 s'établit comme suit : 23000 euros pour notre participation au programme Gonopathsala (déjà envoyés), 8000 euros pour les frais de fonctionnement des deux internats de Tanchi, 3000 euros pour les frais de nourriture de 8 petits internats Gonopathsala, 15000 euros pour le programme de 40 puits ouverts, 10000 euros pour le programme nutritionnel des enfants au nord de Tanchi, 7500 euros pour l'Ecole de Conduite pour femmes de Cox's Bazar ( cofinancé par Secours Populaire Français et le ministère de la Coopération) et 13000 euros pour le programme de repas de l'école mahato de Tarash.

Le total des engagements prévus à ce jour étant de 79500 euros, il reste à trouver 20500 euros pour les financement des programmes de GK et environ 6000 euros pour couvrir les dépenses du Comité.

Nous vous rappelons que l'année bengalie commence le 15 avril et que nous sommes donc toujours à cheval sur deux années. Par ailleurs, certains projets n'ont toujours pas reçu le feu vert du Bureau des ONGs à Dhaka qui contrôle tous les fonds venant de l'étranger, qui est en sous-effectif chronique et qui dépend d'un ministère dirigé par un Ministre appartenant à l'un des partis islamiques de la coalition gouvernementale, ce qui peut expliquer bien des retardsÉ.

Chers amis, nous vous remercions très chaleureusement pour votre soutien fidèle, pour votre confiance, pour votre amitié et les petits mots d'encouragement que l'on trouve parfois avec vos chèques. La dynamique GK est toujours là après 32 ans d'existence de même que notre détermination à les épauler financièrement dans des projets qu'ils lancent dans le pays pour aider les moins favorisés, les minorités tribales ignorées du gouvernement, les femmes et les enfants des familles les plus pauvres.

Nous vous souhaitons un bel été et d'agréables vacances

Très cordialement à vous

Lucien Bigeault, président du Comité

 

Deux livres à vous signaler :

« Voyageuse solidaire » (280 pages) du Dr Bernadette Poisson, paru cette année, livre où elle nous fait partager sa quête des médecines traditionnelles en Inde et au Bangladesh, après avoir exercé la médecine en France pendant vingt ans. À commander à l'Association Graines de Santé, Beauvent 07240 SILHAC prix 22 euros

« Surviving dreams » (160 pages) du Dr Pierre Clacquin, sur les quelques cirques survivants au Bangladesh. Très nombreuses et magnifiques photos en noir et blanc mais texte en anglais. Il a travaillé 13 ans au Bangladesh comme médecin de santé publique et fait plusieurs expositions photographiques remarquées. Prix 30 euros à commander auprès de son père Mr Louis Clacquin 4 rue Paul Doumer 95880 Enghien les Bains

Trois films de Joy Banerjee « Les chemins d'une autre médecine », « Mohila, femmes du Bangladesh » et « Gonopathsala, 10 jours dans une école du Bangladesh » sont maintenant réunis sur une seule cassette VHS de 120 minutes au prix de 15 euros. À diffuser sans modération !

Pour nos amis imposables sur le revenu, n'oubliez pas que 60% de votre don sont déductibles de vos impôts dans la limite de 20% de votre revenu imposable.Tous les chèques doivent être libellés à l'ordre du Comité Français de Soutien à GK-Savar et envoyés au Comité quel qu'en soit le montant. Vous recevrez très rapidement le reçu fiscal correspondant à votre don. Merci d'avance pour votre fidèle générosité.


 

tel 0145681000.

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