LE CIRCUIT HISTORIQUE DES AFFLEUREMENTS DE L'ETANÇON
DES MINES DE CHARBON DE RONCHAMP les Amis du Musée

Création: Association des amis du Musée de la Mine
A.P.A.C.H.
Municipalité de Ronchamp
Office National des Forêts

vers le plan du sentier

1. HISTORIQUE

Le bassin minier de Ronchamp, quoique modeste, a fonctionné de façon régulière pendant 200 ans. Découvert dès 1750, grâce à des affleurements sur les sites de l'Etançon et du Chevanel au nord de Ronchamp, il a été exploité d'abord par galeries jusqu'en 1820, ensuite par puits de plus en plus profonds et de plus en plus au sud jusqu'en 1958. La cité minière a vécu au rythme de ses mineurs qui furent jusqu'à 1500 employés. Après 1945, l'appauvrissement du gisement et sa faible rentabilité firent qu'on rechercha à nouveau le charbon aux affleurements, là où une première couche avait déjà été exploitée, mais où une deuxième couche avait été dédaignée.

Le circuit des affleurements vous montrera donc deux périodes différentes : celle de 1750-1800 aux débuts de l'exploitation, principalement sur la première couche, et celle de 1950 à 1958 à la fin de l'exploitation sur la deuxième couche.

Les vestiges que nous avons essayé de remettre en valeur sont malheureusement bien modestes : le temps, la végétation et surtout la «remise en état» du terrain à la fermeture de la mine en sont la cause. Mais outre le caractère agréable du sentier, l'évocation du travail du mineur du XVIII ème siècle ou celui du XX ème siècle devant quelque tranchée ou quelque effondrement devrait vous plaire.

effondrement

 

2. LE SENTIER DES AFFLEUREMENTS

C'est d'abord un sentier en forêt où vous côtoierez des jeunes plantations de mélèzes ou des futaies de hêtres rafraîchissantes, un sentier bien plat appelé "sentier des Allemands" et parcouru autrefois par un petit train qui transportait des bois de mine, depuis les hauteurs du Mont de Vannes jusqu'aux chantiers à bois de la houillère. Le retour se fera, après une grimpette à travers un terril, par la route du Rhien. En tout, 2 km, et le temps que vous voudrez ...
 
Important : Prenez de bonnes chaussures, le chemin pouvant être humide, et aussi une bonne lampe torche.

 

3. ACCÈS

Du centre de Ronchamp, près du musée de la mine, prenez en voiture la rue d'Amont (1 ère rue à droite après la mairie). Passez sous la voie ferrée à la première voûte en direction du Rhien. Au croisement du Mont Chauveau, laissez la voiture.

vers le plan du sentier

Le sentier des affleurements commence à droite. Un balisage représentant les insignes du mineur (le marteau et le pic) vous guidera. Des panneaux vous indiqueront des lieux remarquables.

 

4. AUTRES SUGGESTIONS POUR DÉCOUVRIR LES MINES DE RONCHAMP

 


 

LES VESTIGES

1. Le Mémorial de la Mine

Ce Mémorial a été conçu et réalisé par des bénévoles de l'association les Amis du Musée de la Mine. Il a été financé par la commune de Ronchamp et par l'association avec l'aide d'une subvention des communes de Champagney et du Magny d'Anigon.
Il est centré sur la borne dite seigneuriale et représente un mini bassin houiller de 8 mètres de diamètre à l'image de celui existant sur les trois communes. Les puits sont représentés par des petits chevalements en béton qui sont répartis géographiquement avec à l'est, les 14 puits de Champagney, à l'ouest les 10 puits de Ronchamp et au sud les 2 puits creusés sur le Magny d'Anigon.
Les 3 villes sont représentées par leurs blasons sculptés dans du grès rose des Vosges. Les rondins de béton de couleur brune symbolisent les bois de mines qui étaient en sapin. La forme en trou de serrure de cette bordure représente les industriels et investisseurs qui ont trouvé la clef du développement économique de la région à partir de l'exploitation du charbon.
La surface intérieure a été garnie de morceaux de houille, récoltés dans les différents terrils du bassin, pour bien montrer que c'était du charbon que l'on exploitait ici.
La couronne extérieure a été remblayée de calcaire concassé blanc pour bien marquer le contraste entre le travail au jour et au fond de la mine (le jour et la nuit, le blanc et le noir).

memorial

 

2. TERRIL DU FONÇAGE DE L'EST

Le plus important terril de l'Etançon montre qu'une grande partie de l'extraction de 1950 se faisait par cette galerie qui s'enfonçait régulièrement jusqu'à 65 mètres de profondeur. Elle était équipée d'un treuil pour remonter les wagonnets.

L'entrée de la galerie, à l'extrémité du terril, est aujourd'hui comblée et effondrée.

 

3. GALERIE CHOLLEY

C'est encore une galerie récente (1950 - 1958) qui partait des affleurements de charbon et exploitait un panneau de la deuxième couche à 30 mètres de profondeur. Elle s'enfonçait rapidement, avec une pente de plus de 30°.

On voit encore très bien la tranchée d'accès.

 

4. EFFONDREMENT SUR LA GALERIE FOURCHIE

Ce trou rond est situé à la verticale de la galerie FOURCHIE, dont l'entrée est à 150 mètres à l'ouest au fond du vallon, et qui suivait à niveau la couche de charbon, arrivait jusqu'ici, recoupait le fonçage de l'Est et se prolongeait jusqu'à d'autres travaux vers l'Est.

Comme elle était horizontale, elle était utilisée pour le déplacement des mineurs.
A l'emplacement de l'effondrement, la galerie est à 20 mètres de profondeur.

 

5. GALERIE ANCIENNE

Cette longue tranchée donne accès à une galerie creusée au début de l'exploitation houillère, vers 1760. Elle se dirigeait curieusement vers le Nord où les affleurements ne sont qu'à 60 mètres. Elle n'avait pour boisages que quelques perches horizontales dans des encoches taillées dans les parois.

L'entrée est actuellement en partie effondrée.

 

5. GALERIE DIDIER

De nouveau une galerie récente creusée à partir des affleurements de la deuxième couche. Elle partait horizontalement vers l'ouest.

De l'autre côté du chemin, un chêne s'est enfoncé de plusieurs mètres dans le sol, où existe probablement une cavité. Cet arbre est repéré par une balise.
Plus loin, on découvre un trou impressionnant, et au fond du vallon, un petit ruisseau se perd dans le sol, rejoignant d'anciennes galeries.

 

7. FONÇAGE ROBERT

Cette galerie descendante a été creusée en 1951 dans la deuxième couche qui a ici un pendage de 30°. Elle a recoupé des vieux travaux de 1760. Utilisée d'abord pour remonter des wagonnets de charbon, on y a ensuite installé un ventilateur pour renouveler et assainir l'air dans toute l'exploitation de l'Etançon.

Aujourd'hui, cette galerie dont l'entrée a été munie de cadres métalliques et solidement cimentée sur 15 mètres, permet de se rendre compte du pendage de la couche et de contempler les alignements d'étais en sapin complètement pourris.
Un premier boisage a été reconstitué, qui vous donne l'état de la galerie avant le délabrement des bois et l'effondrement du toit.

foncage Robert

Attention, la descente est difficile. Il est nécessaire de tenir les rampes.

 

8. VIEUX TRAVAUX EN SURFACE

Ces entonnoirs alignés sur un affleurement montrent comment a pu être recherché le charbon dans les premières décennies après la découverte du gisement. Des petits puits peu espacés permettaient d'extraire le combustible jusqu'à ce que la nature instable du terrain et I'accumulation des eaux en interdisent l'approfondissement. Il fallait ensuite creuser des galeries.

Vous pouvez suivre l'alignement jusqu'au fond du vallon où l'entrée d'une ancienne galerie est apparente.
Cette extraction s'est faite sur la 2e couche exploitée. 50 mètres plus loin, un autre alignement de vieux travaux, sur la 1ère couche cette fois, peut être retrouvé des deux cotés du sentier.

 

9. INONDATION EN FOURCHIE

Près de ce lieu, à 40 mètres sous terre, s'est produit le dernier drame de la mine de Ronchamp. Le 16 décembre 1950, un «coup d'eau» soudain venu des anciens travaux supérieurs noyés, a envahi les galeries basses. 17 mineurs ont pu s'échapper, mais l'eau a surpris 4 mineurs dans une galerie montante sans issue. Malgré une mobilisation de tout le pays et l'installation de pompes en différents endroits, ces quatre mineurs n'ont pu être sauvés et ont été découverts le 22 décembre seulement.

A quelques mètres au sud existait un ancien puits, le Puits Petit-Pierre, qui à l'occasion de l'inondation s'est rouvert sur une vingtaine de mètres. Il a été à nouveau comblé avec 255 m³ de schiste.
On peut retrouver des affleurements de charbon en remontant un peu le chemin.

 

10. TRAVERS-BANCS DE L'ETANÇON

Appelé aussi «galerie au rocher» ou bowette, ce travers-bancs creusé dans le rocher passait sous les travaux du nord, et évacuait naturellement les eaux d'infiltration grâce à une faible pente. Une autre galerie proche, appelée galerie de dénoyage, s'enfonçait plus rapidement jusqu'au niveau des galeries les plus profondes. Elle était équipée d'une pompe pour remonter les eaux, mais celle-ci fut insuffisante lors de l'inondation de 1950 .

Le travers-bancs est inaccessible et la galerie de dénoyage se trouve à 30 mètres de profondeur.

 

11. LE PUITS SAMSON

C'était un petit puits de 20 mètres de profondeur, «11 pieds de long sur 5 de large». Il était équipé d'échelles. Commencé en 1822, il a été rapidement abandonné à cause de l'affluence de l'eau et de la mauvaise qualité du charbon. En 1952, le fonçage Samson était creusé en évitant ces vieux travaux noyés.

A une dizaine de mètres, un vieux terril, des trous d'eau sont les seuls vestiges de ce puits, un des plus anciens de Ronchamp.

 

12. LA GRANDE RIGOLE D'ECOULEMENT

Une très longue rigole souterraine a été creusée à partir de 1765 pour recueillir les eaux des galeries. Quand celles-ci sont descendues à un niveau inférieur à cette rigole, à partir de 1815, il a été nécessaire d'installer des pompes à bras pour remonter l'eau jusque là. Elle deviendra ensuite inutilisable.
Elle avait 1400 mètres de longueur, allait du Chevanel jusqu'à l'étang Fourchie, et était maçonnée en briques.

De l'eau sort encore de la grande rigole. Elle donne à l'étang Fourchie une belle coloration rouge due à la présence de pyrite dans le charbon de Ronchamp.

 

13. LE PUITS 13 BIS OU PUITS DE L'ETANÇON

Le dernier puits creusé à Ronchamp avait 44 mètres de profondeur. Equipé d'un chevalement, d'une machine d'extraction et d'un compresseur, il était terminé en 1950, mais la galerie qui devait rejoindre les travaux de Fourchie n'était pas achevée quand eut lieu l'inondation.

A la fermeture de la mine, il fut, comme tous les autres puits encore ouverts en 1958, rempli avec les schistes du terril, puis muni d'un tampon de béton circulaire avec au centre une borne qui indiquait son nom, sa profondeur, son diamètre (3,20 mètres).
A côté du puits, la salle avec la machine d'extraction a disparu, mais la salle du compresseur se devine encore.

puits Etançon 1958 
 
 
 
 
               à la fermeture
puits Etançon 2002  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                               en 2002:

 

14. PLAN GRISEY Nº 3

Cette galerie n'a pas servi à l'exploitation du charbon mais a été creusée depuis le bas pour servir d'issue de secours après l'accident de la galerie Fourchie en 1950. Elle descend très rapidement pour rejoindre les anciens travaux de 1820 situés de l'autre côté du petit vallon. Il semble que cette galerie ait été utilisée par les derniers mineurs pour rentrer plus tôt dans leur foyer.

plan Grisey

15. GALERIE 780

Des sondages ont été effectués a cet emplacement en 1946. Cette galerie d'une longueur de 60 mètres environ a été creusée entre deux couches de charbon. On peut en voir des traces de chaque côté de l'entrée. Le charbon et les déblais étaient emmenés sur des chariots. Une petite voie ferroviaire les acheminait jusqu'au déversoir situé 100 mètres plus loin. Ils étaient ensuite dirigés vers le centre de triage. Cette galerie a été remplie de rondins de bois sur quelques mètres avant d'être définitivement murée lors de la fin de l'exploitation en 1958.

galerie 780

 

16. AFFLEUREMENTS DE LA PREMIÈRE COUCHE

Le charbon de Ronchamp, produit par la décomposition d'une végétation très dense sous un climat chaud, s'est accumulé dans une sorte de cuvette où les eaux l'avaient charrié. Mais les bancs stériles de sable ou d'argile s'y sont aussi déposés, donnant un charbon «barré». De plus, de nombreuses failles ou «dérangements» ont brisé les couches et leur ont donné une pente ou «pendage» qui est ici en moyenne de 25° du nord vers le sud.

Des affleurements de charbon ont pu être observés tout au long du parcours. Ici, on reconnaît nettement une petite veine de 10 cm non exploitable.

 


PLAN DU SENTIER ET DES PRINCIPALES GALERIES                   
 

plan du sentier zoom2

 
reproduit avec l'aimable autorisation de l' Association des Amis du Musée de la Mine.
 
photos reçues de Monsieur Alain Banach 
 

Une nouvelle version de ce document a été éditée.
Elle est disponible au Musée et à l'Office de Tourisme.

 
 
Date de dernière mise à jour: 07/08/2009 


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