Mexique, carnet de voyage

Textes et photographies
Vincent Di Sanzo

Il y a des civilisations qui fascinent l'esprit. On sent pour elles un attrait irrésistible. Les civilisations précolombiennes m'ont toujours laissé une impression profonde. Est-ce le mystère qui s'en dégage, l'histoire d'un peuple disparu, le secret magique des noms, des dieux, la découverte d'une géographie lointaine, d'une flore et d'une faune tellement différente des nôtres ou bien le mélange de tout ceci qui fait d'un pays une terre de rêves.

Bercé, dès mon enfance, de ces livres scolaires où l'on nous apprenait l'existence lointaine de peuples extraordinaires et à tout jamais disparus ainsi que leurs légendes, je me plaisais à imaginer la découverte palpitante d'une ville ensevelie ou d'un temple perdu dans la forêt tropicale. Combien de fois ai-je lu et relu les aventures de Tintin dans le temple du Soleil ou bien l'histoire de la conquête du Mexique par Ferdinand Cortès. Qu'aurai je donné pour être dans la peau d'un de ces explorateurs comme Thompson ou Stephens qui les premiers ont découvert les trésors cachés ainsi que les énigmes de ces civilisations : Olmèques, Toltèques, Mayas et Aztèques.

Qui n'a rêvé d'arpenter les rues de ces vieilles villes coloniales aux marchés colorés riches d'un art populaire toujours vivant ? Mais que sont devenus les descendants de ces civilisations mystérieuses ? Qu'en est-il de cette indifférence légendaire affiché par les Indiens, que reste-t-il de leur culture, de leurs traditions ?

C'était donc décidé, cette année nous partirons à la découverte du Mexique. Pour bien préparer ce voyage j'étudiais cartes, plans et livres. Je relu l'histoire du Mexique, l'histoire des Mayas et des Aztèques pour raviver ma curiosité et pour m'imprégner du parfum de leurs mystères. Quels étaient leurs dieux, leurs rituels, leur vie quotidienne mais aussi leurs antagonismes. Bref que nous attendait-il là-bas.

Je ne voulais rien laisser au hasard pour qu'une fois sur place, nos esprits, libérés de toute quête purement historique, ne viennent empêcher nos coeurs d'embrasser librement toutes ces nouvelles sensations.

Mardi 4 octobre,

Notre départ arriva assez vite. Octobre correspondait là-bas à la fin de la saison des pluies, nous espérons bien échapper aux averses tropicales. Mais avant d'affronter le ciel mexicain 15 heures de voyage nous amèneraient de Paris à Mexico via Amsterdam et Houston. Le lourd 747 qui nous transportait était plein à craquer, quelques américains, beaucoup d'européens mais aussi déjà des mexicains reconnaissables à leurs peaux brunes et à leurs moustaches ainsi bien sûr à leur langue espagnole. Difficile à avaler ce second repas pris à deux heures du matin (heure française) mais nécessaire pour nous préparer aux sept heures de décalage horaire avec le continent américain.

Confortablement installé dans mon siège, mes pensées voguaient déjà vers cet horizon tout proche. Tout excité de ces futurs sensations, mon esprit bouillonnait et se laissait entraîner par une imagination toute fébrile.

Minuit, sept heures du matin en France, Mexico enfin ! Une chaleur surprenante nous envahit dès la sortie de l'avion. Malgré l'heure avancée de la nuit une certaine agitation régne autour de l'aéroport. Porteurs, taxis harcèlent leurs futurs clients. Une fois nos bagages récupérés, un homme légèrement typé, vêtu d'un polo de couleur bordeaux, la quarantaine, agite un petit drapeau. C'est notre guide. Après quelques mots d'accueil, il nous invite à gagner le véhicule qui nous mènera à notre hôtel. Quel calme, la nuit noire ne dévoile que peu de choses de la ville. Les visages fatigués n'aspirent qu'à un profond sommeil. Enfin un lit réparateur pour terminer ce long voyage. Il faudra encore patienter une nuit avant de pouvoir découvrir ce pays plein de promesses ...

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Copyright ©1996 par Vincent Di Sanzo
cette page mise à jour le 25 mai 1996 a été consultée fois
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